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Présidentielle américaine, Kamala Harris ou Donald Trump : blanc bonnet, bonnet blanc pour les Congolais !
À la veille de la présidentielle américaine, la tension est montée d’un cran dans certains milieux à Kinshasa, entre les pro démocrates et les pro républicains. Les débats sont très houleux entre les deux camps. Ce qui est regrettable c’est la manière dont les Congolais s’ entredéchirent comme si le résultat de cette élection, certainement la plus suivie au monde, aura un impact direct sur l’avenir politique et socio économique de la RDC. Ceux qui soutiennent Donald Trump croient qu’une fois revenu aux affaires, le milliardaire influencera la situation sécuritaire dans la partie orientale de leur pays. Par contre, les pro démocrates estiment que si l’actuelle vice-présidente des États-Unis remportait le scrutin, en tant que mère, le pays de l’oncle Sam s’investirait beaucoup dans la démocratisation des pays africains dont la plupart sont dirigés par des despotes, en face de qui les anciens présidents de sexe masculin se sont montrés complaisants.
À ce propos, les Africains en général, et surtout les Congolais, n’oublieront pas de si tôt la déception provoquée en eux par l’Afro-Américain Barack Obama qui s’était très peu soucié de leurs préoccupations. C’est dire que les Congolais ne doivent pas se leurrer. Les Démocrates et les Républicains sont des oiseaux de même plumage. Ils privilégient avant tout les intérêts de leurs compatriotes et de leurs alliés de l’Organisation de l’Antlantique Nord (OTAN). Dans le schéma des uns et des autres, il y a peu de place, sinon pas du tout pour le continent noir.
À titre illustatif, qu’on se rappelle le cas de la guerre entre la Russie et l’Ukraine où la mobilisation de l’aide en faveur de ce dernier pays est générale alors que plusieurs millions de personnes sont tuées dans l’est de la RDC dans l’indifférence totale des Américains. Plusieurs rapports des experts des Nations Unies ont prouvé que les multinationales occidentales profitent de ce conflit pour piller impunément les ressources naturelles de notre pays. En dépit desdits rapports, l’Onu continue à garder le silence démontrant ainsi le peu d’intérêt qu’elle parte à cette guerre par rapport à ce qui se passe en Afrique.
Face à cette réalité, rien ne peut justifier l’intérêt des Congolais à la présidentielle américaine.
A 24 heures de ce scrutin, les sondages donnent les deux candidats coude à coude jusqu’à la veille, le suspense reste entier. Dans le dernier sondage de Morning Consult, la candidate démocrate Kamala Harris devance le candidat républicain Donald Trump de 3 points parmi les électeurs probables.
Cependant, dans un autre sondage réalisé plus tôt par le New-York Times et le Siena College, la compétition se révèle encore plus serrée, avec les deux protagonistes à égalité à 48% dans un face-à-face direct. Si l’on prend en compte les autres petits candidats, Donald Trump prend un léger avantage avec 47 % contre 46 % pour Kamala Harris.
Mais aussi curieux que cela puisse paraître, Barbara Bush, une des filles de l’ancien président républicain G. W. Bush soutient la candidate démocrate Kamala Harris. Celle-ci compte également sur le soutien de l’ancien vice-président de George W. Bush, Dick Cheney, et de sa fille, la républicaine Liz Cheney, qui a accompagné la démocrate en meeting.
Kamala Harris a également obtenu le soutien du multimilliardaire Bill Gates, co-fondateur de Microsoft, qui a versé plus ou moins 50 millions de dollars américains à une organisation à but non lucratif soutenant sa campagne.
Comme on le voit, cette présidentielle qui est l’une des plus incertaines, risque de provoquer des vagues dans la plus grande démocratie du monde. Avec l’imprévisible Donald Trump, tout reste possible. Rappelons-nous de l’attaque du Capitole par ses partisans, après sa défaite en 2020.
En tout état de cause, les Congolais doivent tempérer leurs ardeurs face à ce duel des Américains, d’où ils ne tireront aucun dividende.
Muke MUKE