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Peter Kazadi Vs Denis Kadima : halte à la guéguerre par médias interposés
* Au moment où il y a crise de confiance entre parties prenantes, cela tombe mal que la CENI et l’un des partenaires en charge de la sécurisation des élections étalent leurs contradictions sur la place publique.
Le VPM de l’Intérieur, Peter Kazadi, a mal pris l’interdiction, par la CENI, des agents de son ministère dans les Bureaux de réception et de traitement des candidatures (BRTC). Il y a répondu au cours du briefing presse organisé le lundi 10 juillet, à la surprise générale de l’opinion qui estime qu’à ce niveau, ce genre de contradictions ne devaient pas se régler devant les journalistes.

Face à la presse, le VPM Kazadi a répliqué, indiquant qu’il ne s’agit pas d’une ingérence dans le travail de la Centrale électorale, mais que son ministère se conformait aux prescrits de la loi de finances qui lui reconnaît le rôle d’encadrer aussi les recettes issues du dépôt des candidatures lors des élections. Pour Peter Kazadi, la CENI a agi par émotion.
«La Commission électorale nationale indépendante a agi par émotion, il y a de l’émotion et du sensationnel. La loi des finances institue l’organe taxateur comme habilité à contresigner les bordeaux de la DGRAD en vue d’encadrer les finances, l’argent que les candidats payent et le taxateur en la matière c’est mon ministère, à travers son secrétariat général en charge des questions des partis politiques. C’est comme ça que mon secrétaire général, en vertu de la loi des finances, qui l’oblige à mobiliser et encadrer les recettes, a déployé des agents avec un ordre de mission clair, l’encadrement des recettes générées par le dépôt des candidatures. Ce qui fait que tout citoyen respectueux des lois de son pays et surtout des citoyens qui veulent de la transparence en matière financière ne peut pas s’opposer», a déclaré le patron de la sécurité intérieure.
Il ne s’arrête pas là: «C’est malheureux que la CENI ait agi par émotion, peut-être qu’elle n’avait pas l’information. La DGRAD, qui est aussi un corps totalement étranger à la CENI, est acceptée dans les installations de la Centrale électorale et personne ne crie à l’ingérence. La DGRAD est un service ordonnateur et lorsque vous regardez les bordereaux, c’est écrit service taxateur et puis service ordonnateur. Les deux services doivent apposer leurs signatures sur les documents. C’est un travail qui peut se faire dans les bureaux de la CENI si celle-ci le veut ou en dehors de ses installations pourvu que le paiement soit canalisé, encadré en faveur de la caisse de l’État. Il ne s’agit donc nullement d’une ingérence dans le travail de la CENI».
Pour la Centrale électorale, seuls les agents de la DGRAD sont autorisés à être dans les BRTC avec comme mission de remettre la note de perception aux candidats désireux de payer, pour le compte du trésor public, les frais de dépôt de candidatures (Selon la loi électorale, les frais de dépôt des dossiers sont fixés à 1.600.000 FC).
Pour nombre de Congolais, dans un contexte marqué par la crise de confiance entre parties prenantes au processus électoral, les frictions entre la CENI et l’un des partenaires en charge de la sécurisation des élections, étalées de surcroît sur la place publique, constituent un mauvais signal à cinq mois des élections. C’est une question que les deux institutions auraient pu régler à l’amiable, en interne.
Les élections, étant une matière très sensible, requièrent la sérénité. Il ne faudrait pas que la Majorité donne l’impression de donner les armes à tous ceux qui, à tort ou à raison, sont convaincus que ce processus électoral est déjà préempté par le pouvoir en place.
Déjà, il faut s’attendre à une série de réactions après le «non poli» de la CENI aux revendications des opposants, dont l’audit du fichier électoral par un cabinet international indépendant.
«La Plénière trouve ainsi illogique d’entreprendre un autre audit externe du fichier électoral sans une justification solide. Enfin, diligenter une nouvelle mission d’audit externe du fichier électoral risquerait d’éloigner la CENI de ses priorités courantes et prochaines qui se focalisent sur les étapes devant conduire à l’organisation effective, et dans le délai, des scrutins du 20 décembre 2023 », argumente la CENI.
Comme on le voit, si rien n’y fait, la guéguerre entre la Centrale électorale et le ministère de l’Intérieur risque d’aller crescendo, ce qui serait une friction de trop. Etant entendu que la même Ceni a maille à partir avec les oppositions. Ce mercredi 12 juillet, la réaction de Martin Fayulu, le leader du parti politique Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECIDé), est attendue.
Que va-t-il dire ? Mettra-t-il en exécution sa menace de ne pas aller aux élections ? Au cours d’un meeting à Kinshasa le 30 juin dernier, Martin Fayulu avait réitéré la position de son parti politique au sujet des prochaines élections. Il avait insisté sur le fait qu’ils ne déposeront aucune candidature aussi longtemps que le fichier électoral ne sera pas audité par un cabinet international et indépendant.
Après Fayulu, il faudra s’attendre à ce que les autres ténors de l’opposition, à savoir Katumbi, Sesanga, Matata et Muzito, réagissent à leur tour. Didier KEBONGO