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La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
«To changer» peut avoir…
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Panne d’anticipation ou panne sèche ?
Kinshasa, et par extension, l’ensemble du pays est en panne sèche. Difficile d’y voir encore une métaphore. Le sens propre ayant rattrapé, puis ravalé le figuré. Exit donc le second degré. Outre-tombe, Aristote père de la stylistique appréciera très moyennement cet exploit.
A mille lieues de ces considérations littéraires, pour le Kinois lambda c’est la double voire la triple peine : en proie aux sempiternelles difficultés de transport, otages des embouteillages et autres bouchons à n’en point finir, voici la diète de…carburant, bref la totale. C’est peu de dire que les Kinois ne savent pas à quel saint se vouer. La rentrée scolaire devenant un facteur aggravant.
Ce malheur de plus si pas de trop n’a rien d’une fatalité. Des sonnettes d’alarme ont été tirées sur la rupture de stock de carburant, en particulier de l’essence. Le tocsin de Sep-Congo a sonné si fort que même l’homme de la rue l’a entendu. Et donc, à plus forte raison, le Gouvernement.
Pas besoin d’emprunter à Emile de Girardin son » Gouverner c’est prévoir ; ne rien prévoir, c’est courir à sa perte » pour savoir que gouverner c’est anticiper. Et ne pas y souscrire, c’est s’abonner à la gouvernance au jour le jour. Une espèce de navigation à vue qui fait du pays un sacré client pour toutes les vulnérabilités. Dans cet écosystème où l’on subit les événements faute de pouvoir les devancer, toutes les occurrences malheureuses sonnent comme des calamités et des fatalités.
La pénurie d’essence est, de ce point de vue, la rançon de ce déficit de culture prévisionnelle qui caractérise le pays dans quantité de secteurs. Y compris dans des domaines stratégiques.
Cet énième avatar du spontanéisme ou du carpe diem bien de chez nous en fait, hélas, foi. José NAWEJ