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Nord-Kivu/Ituri : Des organisations féminines dénoncent le silence médiatique autour des massacres de civils
La persistance des massacres de civils dans les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri continue de susciter l'indignation dans l'opinion locale. Deux organisations féminines, la Dynamique de femmes pour la bonne gouvernance (Dyfegou) et l'initiative femmes fondatrices résilientes et tenaces face aux épreuves (Forte), ont dénoncé, hier jeudi 11 septembre, à Butembo la faible couverture médiatique de ces drames, estimant qu'elle contribue à minimiser leur portée et à brouiller l'opinion tant nationale qu'internationale.
Selon ces structures, le manque d'attention médiatique autour des atrocités commises dans les territoires de Beni et de Lubero participe à "invisibiliser" les souffrances des populations. Elles rappellent que dans la nuit du 7 au 8 septembre, plus d'une centaine de civils ont été massacrés par les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF), un énième carnage passé presque sous silence dans l'espace public.
Outre le silence médiatique, Dyfegou et Forte fustigent également les déclarations jugées "maladroites " de certains acteurs politiques, qu'elles accusent d'instrumentaliser ces drames pour défendre des intérêts personnels, sectoriels ou financiers.
" Les victimes ne doivent pas être utilisées comme des arguments dans des luttes de pouvoir", a insisté Florence Kodjo, membre de l'organisation Forte, appelant à plus de responsabilité et de dignité dans les prises de parole publiques.
Les deux organisations demandent, par ailleurs, aux médias congolais et internationaux d'accorder une attention accrue à ces violences afin que les crimes ne tombent pas dans l'oubli. Elles plaident également pour une action concertée du gouvernement et de la communauté internationale afin de mettre fin à l'insécurité chronique qui décime la population civile dans l'Est de la République démocratique du Congo.
Pour Dyfegou et Forte, la médiatisation constitue un levier essentiel non seulement pour documenter les violations des droits humains, mais aussi pour alerter les décideurs et pousser à des solutions durables. Sans cela, préviennent-elles, " les massacres risquent de se banaliser au point de devenir une fatalité pour les communautés locales ".
Pascal NDUYIRI, au Nord-Kivu