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Nord-Kivu : le CICR annonce la rupture de 85% de stock médical dans des structures sanitaires
La situation sanitaire devient de plus en plus préoccupante et inaccessible dans la province du Nord-Kivu. Selon un communiqué de presse parvenu, hier jeudi 9 octobre, à la rédaction de Forum des As, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) annonce que 85% des structures sanitaires de cette province connaissent des ruptures de stocks de médicaments et près de 40% ont subi une fuite du personnel de la santé.
Une situation qui pourrait avoir des conséquences permanentes alors que les blessés continuent à affluer vers les structures de santé. Cet état des choses illustre des conséquences de violences armées dans la zone et la suspension des activités de certaines organisations humanitaires dans la région.
À en croire le docteur Hippolyte Ten, coordonnateur santé adjoint du CICR, la prise en charge des blessés devient de plus en plus difficile. Car les structures sanitaires ne disposent d'aucun dispositif médical essentiel et l'on déplore également l'absence du personnel soignant qualifié. "Souvent, lorsqu'un malade ou un blessé parvient à se présenter dans un centre de santé malgré les difficultés d'accès, il ne trouve pas un personnel soignant qualifié à qui s'adresser. Et même s'il en trouve, dans la majorité des cas, il n'y aura pas de médicaments essentiels pour sa prise en charge", a-t-il révélé.
Selon la même source, le transfert des blessés aux structures de santé appropriées est rendu difficile à la suite des combats et difficultés à passer les lignes de front. Et par conséquent, les patients parcourent de longues distances à pied, mettant ainsi leur vie en danger avant de trouver des soins adaptés à leurs besoins. Par ailleurs, d'autres n'arrivent pas à temps à l'hôpital à la suite de blessures graves. Depuis le début de l'année, plus de 70% des structures sanitaires sur les 240 évaluées ont reçu des blessés par balles.
Face à cette situation critique, le CICR appelle à la recherche de solutions visant à garantir le fonctionnement des structures de santé, l'approvisionnement en intrants médicaux et d'assurer la protection du personnel soignant ainsi que des infrastructures sanitaires.
Héritier TIMOLO