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Muyaya vs Sesanga: lectures croisées de l’adresse de Fatshi à Mbuji-Mayi
Reçu sur TV5, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, est formel, «il n’y a aucune dérive autoritaire lorsqu’il faut faire respecter l’autorité de l’Etat. » Patrick Muyaya dénonce le comportement des opposants qui, selon lui, tend à toucher la sureté intérieure. «Ils misent sur la violence pour faire arrêter subitement le processus électoral et nous faire reculer.» Dans ce contexte précis, dit-il, on ne peut pas empêcher les services de faire leur travail. Le ministre Muyaya invite les opposants à quitter des subterfuges et à venir avec des propositions concrètes pour faire avancer le pays. Quant aux propos fermes tenus par le Chef de l’Etat dimanche dernier à Mbuji-Mayi, le porte-parole du Gouvernement soutient qu’il n’y a pas lieu de laisser qui que ce soit perturber le processus démocratique que le pouvoir entend consolider. A la suite du Président de la République, Patrick Muyaya demande à l’Eglise d’être au milieu du village. Ci-dessous, l’intégralité de l’entretien que le Porte-parole du Gouvernement a accordé à TV5.

Ce service après-vente de l’adresse du Président de la république n’est pas du goût de l’opposant Delly Sesanga, candidat à l’élection présidentielle. Pour l’élu de Luiza (Kasaï central), la « dictature » commence et s’entretient lorsque le Pouvoir et, en particulier, quand le chef de l’Etat décide par sa seule volonté et le zèle de ses partisans, de poursuivre toute personne qui l’accuse à tort ou à raison de porter atteinte à la sécurité de l’Etat. Forum des As publie, en mode regards croisés, les deux lectures de la prestation du Président à Mbuji-Mayi.
Invité de TV5
Patrick Muyaya : «Il n’y a aucune dérive autoritaire à faire respecter l’autorité de l’Etat»
Une question sur le sommet de Paris où avait pris part le Premier Ministre Sama Lukonde avant de revenir à l’actualité politique du pays. La RDC plaidait pour le soutien des pays les plus riches aux pays les plus pauvres pour ce changement climatique. Est-ce vous êtes satisfait du résultat de ce sommet ?
Muyaya : On ne saura pas être satisfait tant qu’on ne sera pas pays bénéficiaire de compensations. Depuis 2015 il y a des engagements notamment ces fameux 100 milliards de dollars attendus par des pays dont la RDC pour le travail que nous faisons pour la protection de l’environnement. Mais au moins c’est une nouvelle prise de conscience car il faut situer toutes ces réunions dans une dynamique mondiale où l’on veut maintenir la température mondiale. Nous étions en Europe pour le sommet UE-UA à Bruxelles il y a quelques mois, à Paris nous y étions aussi. Mais la différence est qu’à Paris il y avait quand même un peu plus d’engagement, peut-être parce que cette fois-ci le président Macron a voulu associer des fonds souverains, nous espérons qu’au-delà des mots et des engagements qui ont été renouvelés par les uns les autres, notamment les principaux pays pollueurs, ils pourront aller toucher à la caisse pour nous permettre nous qui faisons le travail de la protection de l’environnement pendant qu’on discute depuis autant d’années, nos populations ont besoin d’avoir ces compensations parce que nous avons des programmes à mettre en œuvre notamment pour la mitigation et l’adaptation au changement climatique.
Revenons à l’actualité politique de votre pays. La composition du fichier électoral est la question qui est âprement disputée en ce moment. Elle est contestée par une partie de l’Opposition, par une partie de la société civile, par une partie de l’église catholique également. Qu’est-ce que vous pouvez apporter pour garantir la sincérité, la transparence du fichier électoral ?
Les contestations sont inhérentes à tout processus électoral. Depuis 2006, je m’épargnerai de vous faire le film parce qu’en 2006, Etienne Tshisekedi, d’heureuse mémoire n’avait pas participé à ces scrutins. Il y a eu 2011, 2018, il y a toujours toutes ces vagues de contestations. Mais ici il faut observer, le président de la CENI a annoncé la convocation du corps électoral. Il y avait beaucoup de goulots durant le processus même lorsque l’on a annoncé le calendrier électoral, personne n’y croyait. Mais aujourd’hui, nous disposons d’un fichier électoral avec plus de 44 millions de Congolais qui sont enrôlés. Aujourd’hui, les écueils qu’il y avait sur les financements ont été pour la plupart réglés, ce qui fait que pour le moment nous avons la ligne droite vers le mois de décembre. Je pense que les opposants sûrement qu’ils ne sont pas prêts, s’attèlent à porter un discrédit sur le processus électoral et ne reconnaissent pas les efforts qui ont été fournis à la fois par le Gouvernement dans un contexte sécuritaire difficile parce qu’il faut financer la guerre dans l’Est, dans un contexte où il fallait financer la CENI parce que nous faisons des élections sur un pays 80 fois plus grand que la Belgique.
La date du 20 décembre sera-t-elle tenue ?
Il y a la responsabilité du Gouvernement qui est celle de mettre les financements à la disposition de la CENI, et de ce point de vue mon collègue des Finances a eu des réunions avec le bureau de la CENI la semaine dernière. Ils ont convenu d’un plan et pour nous il ne devait pas y avoir des écueils du côté des financements, du côté de la sécurisation.
Ça veut dire a priori qu’il n’y aura pas glissement ?
La CENI c’est elle qui s’occupe de l’organisation technique des élections. Nous comme gouvernement nous avons notre responsabilité. Et les autres parties prenantes notamment les opposants et la société civile devraient aussi s’inscrire dans ce processus qui ne peut pas être parfait. Parce que même dans les pays occidentaux, il y a toujours des difficultés qui sont liées au processus qui est laborieux, surtout pour un pays comme le nôtre. C’est l’occasion d’inviter les uns et les autres à mettre un peu de côté tous ces discours sur le discrédit du processus et commencer à préparer les élections.
Concernant le discours, le Chef de l’Etat était en déplacement le dimanche où il a dénoncé les dérives dangereuses de l’église catholique, ajoutant aussi : « je m’attaquerai sans hésitation, sans remords à tout Congolais qui mettra en danger la sécurité et la stabilité de notre pays, peu importe ce qu’on en dira, violation des droits de l’homme, violation des libertés. Et quand on regarde les images de la marche du 20 mai, violemment réprimée, est-ce à dire que vous vous êtes préparé à un processus électoral violent ?
Les images que vous ne montrez pas, c’est celle de Martin Fayulu demandant aux jeunes d’attaquer la police, vous ne montrez pas non plus les 27 policiers qui ont été visités par le Président de la République. Evidemment nous avons dit non à la violence, parce que la violence n’a pas de place en démocratie. Et le Président de la République lui-même est allé au chevet de ce garçon. Les policiers qui ont été à la base de la bastonnade de cet enfant ont été interpellés.
Vous avez parlé de l’Eglise catholique tout à l’heure. En effet, l’Eglise est censée être au milieu du village. Il y a des policiers fidèles catholiques, mais nous n’avons pas entendu une déclaration claire de la part de l’église pour condamner la violence qui a été structurée et organisée par l’opposition.
Et l’action de la police congolaise ?
Il faut faire une démarcation entre la police lorsqu’elle agit, parce que c’est des forces de l’ordre. Malheureusement nous avons vu ici en France comment les choses se passent généralement lorsqu’il y a une manifestation. La violence nous l’avons condamnée d’où qu’elle vienne, de la police ou de l’opposition, parce que nous pensons que la violence n’a pas de place en démocratie. Mais la stratégie de l’opposition, une violence a été planifiée, dans le cadre de cette violence, les opposants veulent discréditer le processus, ils veulent arrêter le processus et ils utilisent des subterfuges…
Tous les candidats de l’opposition qui souhaitent se présenter (aux élections, ndlr), est-ce qu’ils pourront le faire ? Moïse Katumbi aussi ?
Je ne voudrais pas aller dans l’individualisation. Nous avons commencé cette interview par une manifestation de l’opposition qui s’est tenue sans dégâts. Mais ici il faut faire attention. Nous sommes sur plusieurs fronts, notamment sécuritaire dans l’Est. Et vous savez aussi ce qui peut se tramer de ce côté-là. Et lorsque nous percevons l’attitude de certains opposants, des comportements qui peuvent toucher à la sécurité du territoire, vous ne pouvez pas empêcher les services de faire leur travail.
Vous avez suivi le chantre d’un camp politique dire que nous préparions la loi Tshiani pour exclure un certain candidat.
Que répondez-vous à ceux qui parlent d’une dérive autoritaire du gouvernement congolais ?
Il n’y a aucune dérive autoritaire lorsqu’il faut faire respecter l’autorité de l’Etat. Il faut savoir que nous avons cette situation difficile à l’Est et d’ailleurs beaucoup pensaient que notre engagement démocratique serait mis de côté parce qu’il faut régler le problème de sécurité à l’Est, mais nous sommes déterminés.
Aujourd’hui il y a des personnes qui pensent malheureusement que par la voie des urnes ils ne pourront pas nous battre. Aujourd’hui nous n’entendons pas leurs idées parce qu’ils n’ont pas de contradictions à nous opposer dans le fond, ils misent sur la violence pour faire arrêter subitement le processus électoral et nous faire reculer. Et de ce point de vue le président de la République a redit la fermeté qui est la sienne et nous gouvernement nous allons nous aligner derrière lui pour que personne ne perturbe le processus démocratique que nous voulons consolider. C’est l’occasion d’inviter justement ces opposants à quitter tous ces subterfuges et de venir avec des propositions concrètes. Nous faisons la gratuite de l’enseignement, nous faisons la couverture santé universelle, c’est quoi leurs idées ? Les Congolais ont besoin de les entendre sur ces sujets pour voir comment on fait redécoller notre pays.
Un petit mot sur la sécurité dans l’Est. Il y a un rapport des experts des Nations unies qui est sorti récemment et qui établit des viols à répétitions, des viols en masse. Des noms ont été cités, nous attendons notamment du président Macron, des Etats-Unis, des autres pays occidentaux qui avaient promis des sanctions. Parce que si nous voulons mettre fin à la récurrence du cycle des violences dans l’Est depuis une vingtaine d’années, il faut que la justice sévisse et nous pensons que le moment est arrivé pour que ceux qui perturbent le processus de paix en cours puissent être sanctionnés.
Propos retranscrits par Didier KEBONGO
« Il n’y a pas pire atteinte à la sécurité du pays, qu’un régime qui s’émancipe de la Constitution », dixit Delly Sesanga

