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MSF alerte sur une crise humanitaire majeure au Nord-Kivu
Médecins Sans Frontières (MSF) lance un cri d'alarme face à la situation critique dans la province du Nord-Kivu. L'ONG a appelé le mardi 03 Juin dernier, à une mobilisation urgente pour protéger les civils et répondre aux besoins essentiels des populations déplacées, alors que la cité de Bambo, dans la chefferie de Bwito (Rutshuru), est submergée par un afflux massif de personnes fuyant les affrontements entre les rebelles de l'AFC/M23 et les groupes armés locaux Wazalendo.
Depuis le 15 mai, Bambo est la cible de violents combats entre ces groupes, forçant plus de 900 familles de la chefferie de Bwito à chercher refuge dans une cité déjà saturée.
MSF rapporte que Bambo, encerclée par les combats, est devenue un refuge pour des milliers de personnes fuyant les violences, les pillages et les villages incendiés.
L'hôpital général local, soutenu par l'organisation, est confronté à un afflux sans précédent de patients, principalement des civils blessés par des tirs ou des éclats d'artillerie.
Par conséquent, la population de Bambo a doublé en quelques jours, selon François Calas, chef de programme MSF au Nord-Kivu.
Près de 500 ménages vivent dans des conditions précaires dans des écoles, des églises ou des sites informels, tandis qu'environ 4 000 personnes sont hébergées par des familles locales déjà en difficulté, selon Matilde Gueho, chef de mission adjointe de MSF à Goma.
MSF a constaté de graves problèmes dans les écoles accueillant les déplacés, notamment un accès limité à l'eau potable et à des infrastructures d'hygiène de base, ce qui augmente considérablement les risques épidémiques.
Les conditions d'hébergement sont également inadéquates, avec un manque de moustiquaires, alors que le paludisme est la principale cause de consultation dans les structures soutenues par MSF.
L'organisation médicale internationale assure des soins de santé primaires gratuits pour les enfants de un mois à 15 ans au centre de santé de Faraja, et prend en charge gratuitement les cas compliqués à l'hôpital de Bambo.
Cependant, l'ONG souligne que ses capacités sont limitées et ne suffisent pas à faire face à l'ampleur des besoins, notamment en matière de sécurité alimentaire.
Pascal NDUYIRI, au Nord-Kivu