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Mitendi : une source d'eau vitale engloutie sous les éboulements
La colère du ciel, tombée dans la nuit de vendredi à samedi dernier, n'a pas seulement inondé les avenues de la capitale : elle a emporté avec elle une infrastructure essentielle à la survie de milliers d'habitants de l'ouest de Kinshasa. La source de captage d'eau potable de Mitendi, dans la commune de Mont-Ngafula, a été sérieusement endommagée par un éboulement provoqué par les pluies diluviennes.
L'information, confirmée mardi 8 avril par des sources administratives relayées par l'Agence congolaise de presse (ACP), suscite l'inquiétude dans les quartiers riverains, où l'eau potable se fait désormais rare.
"En amont, la tête de la source a été ensevelie sous le sable, ce qui empêche les machines de fonctionner correctement pour acheminer l'eau dans les ménages", a déclaré Dally Bameni, ingénieur-chef d'unité de la REGIDESO à Mitendi.
Mais derrière la simple défaillance technique se cache un drame plus profond: celui de l'urbanisation anarchique. L'érosion qui a ravagé l'installation n'est pas uniquement le fruit de la nature en furie, mais aussi des mains de l'homme.
"Cette situation a été provoquée par des constructions désordonnées tout autour de la source. Les voisins n'ont pas tenu compte de la canalisation naturelle des eaux", déplore l'ingénieur.
Chaque saison pluvieuse révèle les mêmes vulnérabilités : absence de planification urbaine, non-respect des zones de servitude, laxisme dans le contrôle des constructions… autant de maux qui fragilisent les infrastructures et compromettent l'accès à l'eau, bien vital s'il en est.
Alors que la REGIDESO tente d'évaluer les dégâts et de restaurer le système de captage, les habitants, eux, s'organisent dans l'urgence. Bidons en main, ils arpentent les rues à la recherche de points d'eau fonctionnels, espérant que les autorités interviendront avant que la situation ne se transforme en crise sanitaire.
Le cas de Mitendi est un nouveau signal d'alarme pour la ville-province de Kinshasa, confrontée à une croissance démographique galopante et à une urbanisation souvent incontrôlée. Si rien n'est fait pour protéger les zones sensibles et réguler les constructions, d'autres infrastructures risquent de subir le même sort.
Jérémie ASOKO