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MINISTERE DE LA PECHE ET ÉLEVAGE : Des bateaux commandés et livrés sont inadaptés aux eaux de la RDC
* "C'est une colossale somme de 15 millions de dollars américains jetés dans la mer", estime le ministre de tutelle
Le ministre de la Pêche et Élevage vient de révéler que les bateaux de pêche commandés avant son arrivée aux affaires et livrés dernièrement par les fournisseurs ne correspondent pas à des besoins techniques de pêche sur la côte maritime congolaise. C'est une colossale somme de 15 millions de dollars américains jetés dans la mer pour des bateaux inadaptés aux eaux congolaises.
Le ministre Tshimanga affirme avoir trouvé sur sa table deux commandes en cours lorsqu'il est entré en fonction. L'une en Espagne, bloquée faute de paiement. L'autre en Egypte, pratiquement achevée. Le constat fait est que l'appel d'offres a été lancé sans tenir compte des réalités congolaises. Pour lui, " on a fait des commandes de bateaux de la même catégorie. Ce n'est pas normal ! Il fallait commander des catégories différentes''.
Selon les experts, la RDC ne dispose que de 42 kilomètres de côte maritime, balayée par des courants violents. Il est tout de même curieux qu'un fait géographique aussi élémentaire ait échappé aux experts, consultants, commission de passation et contrôleurs. Ce qui est plus grave, c'est le fait que les bateaux livrés ne sont pas de bonne qualité.
'' Nous, nous voulons les chalutiers. Ce sont des senneurs qui ont été commandés et livrés", s'est plaint le patron de la Pêche et Élevage. Les chalutiers travaillent en profondeur, les senneurs en surface. En d'autres termes, nous dirions que la RDC a donc réceptionné l'inverse de ce qu'elle voulait et ce dont elle avait besoin.
LUTTE CONTRE
LA CORRUPTION
Cette affaire de bateaux de pêche vient mettre à la surface le détournement des deniers publics dont certains responsables au sommet de l'État se rendent coupables. Ce qui nécessite une lutte acharnée contre la corruption. Tant que ce combat ne frappe pas de manière implacable les auteurs avérés de cette antivaleur, la RDC ne sortira pas de sitôt de l'ornière.
Dans le cas d'espèce, gaspiller une énorme somme de 15 millions de dollars américains sans que le pays ne puisse en tirer aucun dividende, constitue un crime économique qui ne doit pas rester impuni.
Par ailleurs, il importe de stigmatiser le fait que le ministère de la Pêche et Élevage paie des agents qui ne rendent aucun service à l'État. Ils tournent les pouces du matin au soir ou ne se présentent même pas au bureau parce que n'ayant rien à faire. C'est réellement du gâchis pour le trésor public.
Face à ce genre de situation dont les auteurs continuent à courir allègrement les rues, les citoyens lambda s'interrogent sur le rôle d'instances judiciaires et d'institutions de contrôle, particulièrement les parquets et l'Assemblée nationale.
Dans le cas d'espèce, comme les députés viennent de commencer à peine leur session de septembre, le moment est vraiment idéal pour eux d'aller fouiner au ministère de la Pêche et Élevage pour un contrôle parlementaire, qui pourrait déboucher sur l'interpellation voire la démission de l'auteur de ce crime économique.
Muke MUKE