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MASSACRES DANS L’EST DE LA RDC : « Ne pas agir, c’est être complice », avertit Muyaya
* Sur France 24, le porte-parole du gouvernement exige des sanctions internationales contre Kigali.
Les affrontements entre les Forces armées congolaises (FARDC) et les terroristes du M23, soutenus par le Rwanda , s’intensifient au jour le jour, laissant derrière eux un tableau sombre de massacres et de déplacements massifs de populations.
Face à ces événements, Patrick Muyaya, ministre de la Communication et des Médias, a lancé un appel pressant à la communauté internationale pour imposer des sanctions fermes contre le Rwanda. Profitant de son séjour en Europe, il a exprimé, sur les antennes de France 24, sa frustration face à l’inaction des grandes puissances et des institutions internationales, qu’il accuse d’être complices par leur silence et leur passivité.
« Écoutez, pour tous ces pays qui estiment aujourd'hui que le Rwanda devrait être épargné des sanctions, ils devraient juste regarder la situation humanitaire. C'est évident qu'aujourd'hui il y a des millions des jeunes femmes et hommes qui sont déplacés dans leur propre pays du fait des agissements du président rwandais », a dénoncé Muyaya.
« Il y a des viols, des massacres qui se perpétuent en plein jour. Ces pays-là, je ne pense pas qu'ils veulent être complices de ces dégâts. Ne pas prendre des sanctions fortes en ce moment, c'est être complice de massacres qui sont commis dans l'est de la RDC », a-t-il complété.
Pour Patrick Muyaya, le temps des condamnations verbales est révolu. Il appelle les pays occidentaux, notamment la France, à adopter des sanctions concrètes contre le Rwanda. Selon lui, les rapports des Nations unies et d’autres organisations internationales fournissent des preuves accablantes de l’implication du Rwanda dans les violences en RDC.
« Plus loin. Ça veut dire que la France aujourd'hui peut activer des sanctions plus fermes parce qu'on connaît les rapports des Nations unies, ce sont des rapports qui sont publics et je pense qu'il y a sûrement des experts français. La France, qui généralement est derrière les plumes qui rédigent des résolutions au niveau du Conseil de sécurité, devrait tirer les conséquences au regard de la situation humanitaire et du côté belliqueux prouvé par le président rwandais. Et donc le président Macron est lui aussi tenu d'user de plus de fermeté vis-à-vis du Rwanda pour que la paix soit restaurée dans l'est de la RDC », fait savoir le porte-parole du gouvernement RD-Congolais.
Le processus de Luanda en péril
Le processus de Luanda, initié en 2022 sous l’égide de l’Angola pour apaiser les tensions entre Kigali et Kinshasa, est aujourd’hui en péril. Patrick Muyaya n’a pas mâché ses mots en accusant le président rwandais, Paul Kagame, de saboter délibérément ce processus.
« Paul Kagame refuse de renoncer à son soutien au M23, qu’il utilise comme un outil pour ses ambitions régionales. Le sommet de décembre dernier a été annulé parce qu’il n’était pas prêt à céder sur ses objectifs criminels », a-t-il affirmé.
Muyaya a également rejeté toute possibilité de dialogue direct entre la RDC et le M23, qualifiant ce groupe de «pantin » sous le contrôle de Kigali.
Des millions de déplacés
Le conflit dans l’Est de la RDC continue de provoquer une crise humanitaire sans précédent. Des millions de personnes sont déplacées, tandis que les violences sexuelles et les massacres se multiplient. Patrick Muyaya a conclu son intervention en insistant sur la responsabilité collective de la communauté internationale pour prévenir un conflit de plus grande envergure.
« Si le processus de Luanda échoue, c’est toute la communauté internationale qui portera cet échec. Nous devons agir maintenant pour sauver des vies et restaurer la paix », a-t-il prévenu.
Mardi dernier, les FARDC ont confirmé une percée des rebelles du M23 à Minova, dans le Sud-Kivu, et à Bweremana, dans le Nord-Kivu. Ces villes, situées dans une région hautement stratégique. Selon Patrick Muyaya, ces offensives sont accompagnées de massacres systématiques afin de semer la terreur parmi les populations les jeunes patriotes (NDLR :Wazalondo),
« Chaque avancée des terroristes s’accompagne d’assassinats et de violences, notamment contre les jeunes, pour neutraliser toute résistance potentielle », a déclaré le ministre. Il a également dénoncé l’implication directe de l’armée rwandaise, qu’il accuse d’être la véritable force derrière le M23.
Christian-Timothée MAMPUYA