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Massacre de 318 personnes à Moba annoncé par Kamerhe: l'administrateur du territoire relativise
Contrairement au bilan donné par le président de l'Assemblée nationale Vital Kamerhe au cours de la plénière d'hier dimanche 15 juin, faisant état du massacre d'au moins 318 personnes par un prétendu seigneur de guerre la nuit de samedi, dans le territoire de Moba, dans la province du Tanganyika, l'administrateur du territoire, joint au téléphone, affirme que la situation sécuritaire dans son entité est relativement calme.
Selon Kamfwa Kyongo Victor, le chiffre révélé par le président de la chambre basse du parlement Vital Kamerhe pourrait être un cumul de cas recensés depuis le début de ce mouvement d'"autodéfense" dirigé par Mutono Mukabila, autoproclamé "seigneur de guerre".
"Oui, ce chiffre, nous sommes en train de l'entendre comme ça, mais moi-même, comme administrateur de ce territoire, je ne sais pas vous dire quel jour il y a eu cet affrontement qui a fait autant de morts. Ça doit être un cumul des actions menées par ce chef rebelle depuis qu'il a commencé en 2017 jusqu'à présent, parce qu'il se déguise des fois", a déclaré Victor Kamfwa Kyongo, administrateur du territoire de Moba, dans la province du Tanganyika, joint au téléphone par Forum des As.
Et d'ajouter : "Peut-être la sommation de plusieurs années et qui peut faire ce cumul de 300, tel que le président (de l'Assemblée nationale, ndlr) l'a dit, parce que je crois aussi qu'il aurait appris d'autres sources".
Pour cette autorité locale, les statistiques données à l'Assemblée nationale proviendraient d'une autre source que la personne qui dirige ce territoire. Toutefois, ce groupe armé endogène de ce seigneur de guerre alimente l'insécurité à Moba en kidnappant, tuant et violant des habitants. En parallèle, il a érigé des barrières dans la chefferie Kansabala où il fait payer des taxes illégales à la population locale, paralysant les activités agricoles.
"Il conviendrait peut-être d'affirmer que, par-ci, par-là, nous vivons des barrières érigées par le même seigneur de guerre où il exige à la population qu'on lui donne un peu d'argent, un peu de produits ou, des fois, il ferme carrément la route, empêchant les gens qui quittent leur champ de pouvoir atteindre la cité", a-t-il précisé.
Victor Kamfwa exprime son inquiétude quant à la continuation des atrocités commises par ce chef rebelle. Pourtant, un mécanisme de désarmement et de réinsertion sociale est en vigueur depuis le mois de février en grâce auquel il a remis deux armes à feu.
Patient Mubiayi MBY depuis Lubumbashi