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Mariages civils à Kinshasa : Les bourgmestres des communes s’érigent en roitelets
Il s’organise dans chaque commune de la ville de Kinshasa, toutes les semaines, des mariages civils présidés par les bourgmestres. Auparavant, ces cérémonies se déroulaient dans l’enceinte des maisons communales. Mais à cause du goût exagéré du lucre des autorités municipales, les mariages civils se célèbrent maintenant à leur gré, souvent dans des cadres haut standing pour honorer leur « rang ».
Dans ce tralala instauré par ces « roitelets« , ce sont leurs intérêts qui priment. Les tarifs, s’il faut les appeler ainsi, ne sont pas à la portée de toutes les bourses. Aucun reçu n’est délivré pour laisser des traces dans la comptabilité dans les livres de la mairie. Les frais perçus entrent dans leurs poches.
Outre les numéraires dont nous avons stigmatisé la hauteur ci-dessus, les mariés apportent des biens en nature de grande valeur, allant des chaises aux boissons de qualité supérieure. Ils emportent tout cela à leurs domiciles.
Alors que ces autorités s’enrichissent, leurs entités présentent un visage hideux au point où d’aucuns se demandent si elles sont effectivement dirigées. Si dans certains coins les travaux d’assainissement s’exécutent, c’est soit l’intervention du gouvernement central soit celle de l’exécutif urbain. Pour les bourgmestres, leur rôle se limite au recouvrement des taxes dans des marchés de fortune qu’ils ont agréés ci et là dans leurs communes. Pourtant, il y a beaucoup à faire pour rendre viables et vivables leurs entités politico administratives s’ils développent un esprit de créativité.
À titre illustratif, nous citons le cas de la vente des plaquettes indiquant les noms et les numéros de l’avenue devant les parcelles. Combien une commune peut gagner si elle lance une telle opération ? Ce sont des sommes importantes qui peuvent permettre l’exécution des travaux d’intérêt public. Mais malheureusement ceux qui sont à la tête de nos municipalités n’ont pas un esprit créatif.
Concernant cette gestion calamiteuse des frais issus de la célébration des mariages civils et de la perception des taxes dans les marchés communaux, il aurait fallu que les députés provinciaux diligentent des enquêtes pour déterminer la responsabilité des bourgmestres dans cette mégestion. Mais l’insouciance de ces élus face à cette situation a davantage favorisé cette incurie à la base de la déliquescence de nos communes.
À présent, l’espoir des Kinois réside dans les élections municipales qui, espèrent-ils, pourront faire entrer sur la scène politique des responsables redevables à la population qui les aura propulsés à ce niveau. Le mandat électif a cet avantage de permettre le contrôle des gouvernants par les citoyens. Les élections municipales de décembre prochain constituent une expérience qui survient plusieurs années après celles vécues pendant la IIème République. Nous verrons quels fruits nous allons récolter après. L’espoir de chaque citoyen est de voir nos entités locales prendre de l’envol. Muke MUKE