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POUR AVOIR CRITIQUÉ LA RÉCENTE SORTIE MÉDIATIQUE DE FATSHI : Augustin Kabuya clashe les opposants Martin Fayulu, Delly Sessanga, Corneille Nangaa...
Le ton est monté d'un cran hier 11 mai au siège de l'Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), Augustin Kabuya, Secrétaire général du parti politique, a livré une offensive verbale contre plusieurs figures de l'opposition, entre autres Martin Fayulu, Delly Sessanga, Corneille Nangaa et Olivier Kamitatu.
Augustin Kabuya a choisi de remonter sur le ring, pour répondre aux critiques visant le pouvoir et, en particulier, les propos attribués au président Félix Tshisekedi lors de sa récente conférence de presse. Mais très vite, c'est vers ses adversaires politiques que Kabuya a dirigé l'essentiel de ses flèches.
FAYULU, "USER DU MENSONGE POUR SE REFAIRE UNE SANTÉ POLITIQUE"
La cible principale de cette sortie reste Martin Fayulu. Le leader du parti Ecidé avait récemment affirmé avoir contribué à la relance de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) entre 2007 et 2010. Une déclaration que Kabuya a catégoriquement rejetée, la qualifiant de "mensongère" et de "manque de respect".
Dans un long développement, il a revisité cette période pour démontrer, selon lui, que le parti était déjà structuré et actif bien avant toute implication de Fayulu. Il a notamment évoqué le rôle de l'équipe dirigée par Alexis Mutanda, rappelant l'existence d'une stratégie de communication et de mobilisation de terrain à travers les provinces.
"Un parti qui n'existait pas, comment pouvait-il organiser des activités hebdomadaires?", a-t-il interrogé, rejetant toute tentative de réécriture de l'histoire de l'UDPS. Il est allé plus loin en minimisant le poids politique de Fayulu à l'époque, le présentant comme un acteur "mineur" venu chercher de la visibilité à Limete.
Pour Kabuya, l'opposant n'aurait réellement émergé qu'avec la coalition Lamuka en 2018, et son discours actuel relèverait davantage d'une stratégie de repositionnement politique que d'un récit fidèle des faits.
"Il veut utiliser le mensonge pour se faire une santé politique", a-t-il insisté, allant jusqu'à douter de sa capacité actuelle à mobiliser la population.
DELLY SESSANGA, "FRUSTRÉ POLITIQUE" ?
Dans la foulée, Kabuya s'est aussi attaqué à Delly Sessanga, dont il a vivement critiqué les prises de position. Le ton s'est voulu personnel, le secrétaire général de l'UDPS évoquant des ambitions politiques déçues pour expliquer les critiques de l'opposant.
"Il se voyait être nommé vice-premier ministre. N'ayant pas obtenu ce poste, il a commencé à raconter sa vie", a-t-il lancé, qualifiant Sessanga de "frustré". Selon lui, ses interventions publiques ne seraient pas guidées par l'intérêt national, mais par des considérations personnelles.
Kabuya a même insinué que l'opposant "roule au détriment du pays", tout en laissant planer la menace de révélations ultérieures. Une déclaration lourde de sous-entendus, qui illustre la radicalisation du discours politique entre les camps.
NANGAA ACCUSÉ DE DÉRIVE TRIBALISTE
Autre cible de cette offensive : Corneille Nangaa. Le secrétaire général de l'UDPS a réagi à ses propos sur l'exploitation minière en RDC, dénonçant ce qu'il considère comme une tentative de manipulation du débat public.
Kabuya a particulièrement rejeté les accusations de tribalisme visant le président Félix Tshisekedi. Selon lui, ces déclarations participent d'une stratégie visant à fragiliser la légitimité du pouvoir en place.
En réponse, il a mis en avant le bilan du chef de l'État en matière d'équilibre national, soulignant la présence de personnalités issues de différentes régions du pays à des postes stratégiques. Pour Kabuya, cette diversité constitue la preuve d'une gouvernance inclusive, à l'opposé des accusations portées par Nangaa.
Il a également laissé entendre que même au sein de l'entourage de ce dernier, certaines voix s'élèveraient contre ce type de discours, qu'il juge dangereux pour la cohésion nationale.
KAMITATU DANS LE VISEUR
Enfin, Olivier Kamitatu n'a pas été épargné. Sans entrer dans des détails précis, Kabuya a dénoncé une certaine inconstance politique, accusant certains leaders d'avoir abandonné leurs convictions pour servir d'autres intérêts.
Il a fustigé des comportements qu'il qualifie d'opportunistes, évoquant des responsables devenus des "porteurs de mallette" au service d'autres figures politiques.
Christian-Timothée MAMPUYA