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Maniema : MSF met fin à ses activités à Salamabila
Médecins Sans Frontières (MSF) annonce la fin de ses activités à Salamabila dans le Maniema, après 7 ans d'intervention. Cependant, une surveillance épidémiologique de la zone est maintenue ainsi qu'une capacité de déploiement rapide de réponse aux urgences. Aussi, MSF appelle les acteurs locaux et les autorités à garantir l'accès aux soins et à faciliter un accès sûr ainsi que la distribution de l'aide humanitaire dans le Maniema. C'est ce qu'indique un communiqué de cette organisation rendu public, le lundi 3 octobre dernier.
"Nous considérons que les objectifs du projet sont atteints aujourd'hui. Après toutes ces années de présence continue, nous devons faire le difficile choix opérationnel en tant qu'organisation d'urgence, de continuer à déployer notre aide médicale là où les besoins sont les plus pressants" indique Issa Moussa, Responsable des programmes MSF dans le Maniema.
Durant ces années d'activité, l'organisation a assuré la prise en charge des milliers de survivant(e)s de violences sexuelles, de cas de paludisme et de malnutrition, et réduit de manière significative les taux de mortalité liés au paludisme et aux grossesses. Elle transmet aussi au ministère de la Santé de nombreuses installations de soins pérennes. Les équipes, en appui aux autorités sanitaires locales, ont pris en charge 16 436 victimes de violences sexuelles, vacciné 113 000 enfants contre la rougeole, pris en charge 411 000 cas de malaria et soigné 26 817 enfants en état de malnutrition aigüe.
"Malgré l'impact tangible de notre intervention depuis 2018, l'ampleur des besoins multisectoriels reste immense", explique Issa Moussa. "La province du Maniema est l'une des plus enclavées du pays. L'insécurité, l'éloignement des structures de santé et le coût élevé des transports limitent fortement l'accès aux soins. Depuis l'aggravation du conflit armé et la fermeture de l'aéroport de Bukavu, l'acheminement des médicaments et du personnel vers Salamabila est devenu plus long, complexe et onéreux, bien qu'encore possible par voie aérienne".
Remise des infrastructures au ministère de la Santé
Entre 2019 et 2024, le taux de décès maternels a été divisé par vingt et le taux de mortalité de la malaria par deux. Au sein des communautés, MSF a formé 13 agents de santé reproductive qui prennent en charge les survivant-e-s de violences sexuelles, et plus d'une centaine d'agents de santé curative qui ont appris à détecter les symptômes de la malaria et à fournir le traitement.
Avec la cessation de ses activités MSF transmet également au ministère de la Santé les infrastructures qu'elle a mises en place, notamment le bloc opératoire du centre de santé de Kayembé, les maternités et salles de consultation de plusieurs centres de santé, les structures de traitement des déchets et puits d'eau potable dans l'ensemble des 8 centres de santé appuyés.
Pas que. MSF a également considérablement développé l'hôpital de Salamabila en réhabilitant le service des urgences et de la maternité, en créant les services de pédiatrie, de néonatalité et de malnutrition aigüe. 136 panneaux solaires ont aussi été installés pour permettre à l'établissement d'être totalement autonome en électricité. "Avant MSF, Salamabila n'était qu'un petit centre de santé, MSF a presque tout bâti et en a fait le deuxième hôpital de la province", déclare le médecin chef de zone, Charles Bamavu.
Fyfy Solange TANGAMU