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L’UDPS s’invite à l’Examen d’Etat !
La session ordinaire de l’Examen d’Etat, édition 2021, a bel et bien démarré hier lundi 30 août sur toute l’étendue du territoire national. A l’ère et à l’heure des Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), les questions portant sur la culture générale n’ont pas tardé à être portées sur la place publique.
L’une d’entre elles fait déjà polémique, à savoir celle portant sur l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Ce débat, d’un point de vue strictement intellectuel et donc scientifique, charrie plusieurs questions. La première et la plus importante, porte sur le sous-bassement même légal de la question relative à ce parti politique. Pour une session dont l’organisateur est l’Etat congolais, poser la question sur l’UDPS, sans spécifier de quelle UDPS il s’agit, pose le problème de la légitimité même du questionnement. Pour la simple et bonne raison que l’Etat congolais qui questionne les finalistes a reconnu officiellement quatre UDPS, à savoir : UDPS/Tshisekedi, UDPS/Kibassa, UDPS/Tshibala et UDPS/Peuple.
Pour nombre de Congolais, lorsque le même Etat pose la question sans préciser laquelle des UDPS, cela équivaut à dérouter même les élèves pour peu que ces derniers soient au courant de l’existence légale des quatre formations politiques qui ont pour dénomination UDPS. Ils estiment par exemple que devant une juridiction, il ne serait pas correct de parler de l’UDPS tout court. Et ils n’auront pas tort parce que ce qui existe, comme spécifié plus haut, c’est UDPS/Tshisekedi, UDPS/Kibassa, UDPS/Tshibala et UDPS/Peuple.
En un mot comme en cent, si on devrait être rigoureux du point de vue scientifique et légal, la première question sur le plan légal ne devrait même pas avoir de réponse parce qu’elle est d’autant plus imprécise qu’elle est posée par l’Etat qui a consacré quatre UDPS.
Autre questionnement de fond. Le champ de culture générale, notamment de l’histoire politique du Congo, des institutions publiques de la République est tellement vaste qu’on peut se demander s’il n’y avait pas mieux que poser des questions sur le fonctionnement d’un parti politique qui, quel que soit son positionnement – pouvoir ou opposition -, est un fait privé. A moins de reproduire les anciennes pratiques sur le régime Mobutu pendant lequel le MPR, intellectuellement et surtout légalement, incarnait l’Etat.
Il est légitime d’interroger les élèves congolais sur l’histoire politique de leur pays, mais cette histoire comporte suffisamment de branches pour qu’on accorde priorité à tel ou tel parti politique.
L’autre risque, souligne-t-on, est que l’Examen d’Etat participe à la polémique interne à un parti politique quand on sait que nos formations politiques, y compris l’UDPS/Tshisekedi, sont traversées par des courants des débats contradictoires qui rendent aléatoires toutes réponses aux questions posées.
Des voix s’élèvent pour que des questions qui en rajoutent à la polémique ambiante ne soient pas de saison. Les élèves congolais gagneraient beaucoup en assimilant l’ordonnancement institutionnel du pays et leurs animateurs, l’histoire politique du pays, plutôt les obliger de maîtriser les méandres des conflits qui traversent des partis politiques qui sont en fait des organisations privées. FDA