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Lubumbashi : Ces déplacés internes des Kivu qui vivent un calvaire loin de leur terre !
Ils sont au moins 152 répartis dans 29 familles ayant fui les hostilités entre le groupe armé terroriste M23-AFC et les Forces armées de la République démocratique du Congo soutenues par les Wazalendo dans la partie Est de la RDC. Ces déplacés vivent dans des conditions épouvantables dans la ville de Lubumbashi, province du Haut-Katanga.
Venues des villes de Goma, Bukavu et Uvira dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, ces personnes sont logées dans différents sites. Les unes dans l'église évangélique Péniel, au sein de la paroisse Cité parole de vie sur l'avenue Kashala, au quartier 6, dans la commune de la Ruashi, les autres au quartier Luowoshi, dans la commune Annexe, et une autre partie constituée de 46 personnes réside au quartier Kasapa près du marché Moïse. Le journal Forum des As a eu la peine de les rencontrer, hier dimanche 15 juin, dans leurs milieux de vie respectifs de circonstance.
Venus par des moyens de transport difficiles, ces réfugiés de guerre ont totalisé 6 mois dans la ville de Lubumbashi. Ils n'ont pas accès à l'eau potable, à l'électricité ni à la nourriture, ni aux soins médicaux adéquats. Depuis leur arrivée, l'aide humanitaire se fait toujours attendre. Parmi eux, une fille âgée approximativement de 18 ans a perdu la vie faute de soins de santé appropriés.
Byamungu Igunzi est le représentant de ces pauvres déplacés. Chaque jour, il parcourt des kilomètres à pied dans cette ville vaste qu'il maîtrise à peine. Pendant tous ces 6 mois, ses démarches n'ont toujours pas produit les résultats escomptés. De l'Assemblée provinciale au ministère national des Affaires sociales, en passant par la mairie, le ministère provincial du Genre, Famille et Enfant, l'Unicef, le HCR et la CNDH. Tout ce qu'il reçoit, ce sont des accusés de réception qu'il accumule dans son sac.
"Il y a une autorité qui nous a reçus et filmés. C'est la ministre des Affaires sociales Aziza Munana. Elle avait envoyé des journalistes nous interviewer et nous distribuer des jetons numérotés. Mais cela fait près de 3 mois que nous n'avons pas reçu d'aide", s'est plaint Byamungu Igunzi.
Ces jetons donnés aux réfugiés de l'agression rwandaise ne sont que de simples papiers sur lesquels sont inscrits au stylo les identités et la numérotation de chacun des déplacés selon un ordre croissant. Cela n'a rien de représentatif. Le silence assourdissant des autorités locales et centrales interroge. La situation humanitaire de ces Congolais qui ne savent plus à quel saint se vouer s'aggrave et inquiète.
À l'église où quelques-uns sont hébergés, la vie se détériore chaque jour. Pour avoir à manger, ils sont obligés de se livrer à des travaux difficiles parfois au péril de leur vie. Pour dormir, ils s'étalent à même le sol dans le temple sous un froid frappant de la saison sèche, les exposant à des maladies saisonnières et à celles de mains sales vu la promiscuité et les mauvaises conditions d'hygiène devenues leur quotidien.
Ces réfugiés lancent un cri d'alarme au gouvernement pour une aide urgente, en termes de logement, de nourriture et de prise en charge médicale. Dans l'entretemps, ils vivent un calvaire indicible et l'aide des autorités tarde à venir.
Patient Mubiayi MBY, à Lubumbashi