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L'Onatra appelé à moderniser son fonctionnement
Il y a peu, les autorités de l'Office national de transport (Onatra) ont pris la décision d'arrêter avec l'exploitation du train de voyageurs à cause de quelques problèmes techniques qu'a connus cet engin. Ce n'est pas la première fois que pareil désagrément survient sur les voitures automotrices utilisées pour le trafic ferroviaire entre Kinshasa et Matadi. Selon une source sûre de cette société, des voitures pour le transport de voyageurs se trouveraient en entretien.
C'est depuis plusieurs années que l'Onatra se trouve dans le coma. Cette entreprise étatique est citée parmi les canards boiteux du portefeuille de l'État. On n'a beau changer d'appellations et des mandataires, la gouvernance de cette société ne produit pas de résultats escomptés.
À l'heure actuelle, la situation est catastrophique. Plusieurs cadres et agents qui ont pris la retraite depuis plusieurs années, n'ont pas perçu leurs décomptes finals. Certains ont perdu la vie, faute de moyens de subsistance suffisants. D'autres qui étaient logés dans les maisons de l'entreprise, ont refusé de les quitter alléguant qu'ils attendent d'abord toucher leurs indemnités de sortie avant de libérer les maisons ou appartements qu'ils occupent.
LA FAUTE A SES DIRIGEANTS ET AUX DIFFERENTS GOUVERNEMENTS
Si l'Onatra en est arrivé à cette situation, la faute incombe à ses dirigeants et aux différents gouvernements qui se sont succédé à une époque donnée.
Alors que l'Office de transport du Congo (Otraco) avait légué au pays une entreprise prospère, avec une flotte riche, les responsables qui ont dirigé cet office l'ont mis par terre, obéissant souvent aux injonctions des politiciens.
Ainsi, les bateaux courriers qui naviguaient sur le fleuve Congo et sur la rivière Kasaï, ont été vendus à vil prix aux dignitaires de la IIème République, qui les ont utilisés de leur manière. Aujourd'hui, les ITB Vangu, Kokolo, Tshatsi ont disparu laissant le fleuve Congo et la rivière Kasaï aux mains des petits navigateurs qui ne s'en sortent pas dans ce domaine.
Actuellement, l'Onatra vit sous bonbonne mais il réalise tout de même quelques recettes grâce à quelques activités. Cependant, il reste à savoir si ces fonds sont gérés de manière satisfaisante.
À titre indicatif, nous prenons le cas des loyers versés aux membres du comité de gestion et du Conseil d'administration, alors qu'il y a des villas réservées pour le logement de ces autorités. Mais cellesci dernières préfèrent toucher des grosses sommes, entre 6.000 et 7.000 $ en guise de loyer.
Tant qu'il n'y a pas de contrôle sérieux des entreprises publiques, celles -ci demeureront des vaches à lait pour leurs mandataires et les ministres de tutelle.
En tout état de cause, il faut que le gouvernement lance une action d'envergure pour sortir l'Onatra de l'ornière, sinon cette entreprise va mourir de sa belle mort.
Muke MUKE