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L’Hôtel de ville et l’Onatra démolissent les constructions le long des rails Gare centrale-Aéroport de Ndjili
L’heure n’est plus à la récréation. Après plusieurs mises en garde et ultimatums à travers lesquels l’exécutif provincial de Kinshasa et l’Office national des transports (ONATRA) avaient prévenu les riverains situés le long des rails de la Gare centrale à l’aéroport international de Ndjili de quitter les lieux occupés anarchiquement, les bulldozers de l’Hôtel de ville sont entrés en action. Des maisons entières ont été démolies, et leurs propriétaires jetés sur la rue. Considéré longtemps comme amorphe, le gouvernement provincial de Kinshasa vient de faire sortir sa tête de l’eau et même montrer ses muscles.
Comme il fallait s’y attendre, les victimes sont montées au créneau pour stigmatiser cette action. S’estimant être dans leur droit, elles s’en prennent aux autorités qui, selon elles, les ont abandonnées à leur triste sort. Elles déplorent surtout l’indifférence des élus de la ville de Kinshasa.
Elles condamnent le fait que cette action a été menée sans qu’elles soient préalablement avisées et indemnisées. À les entendre, il paraît que la société METROKIN qui a gagné le marché de modernisation de la voie ferrée Gare centrale-Aéroport de Ndjili, leur avait annoncé qu’elles seraient indemnisées avant toute expulsion. Pour cette société, les travaux devraient commencer au courant du mois de janvier 2026. Mais, contre toute attente, ces riverains ont été désagréablement surpris d’assister impuissants à la démolition de leurs maisons par une équipe d’agents de l’Onatra.
Si cette version des faits est fondée, d’où vient cette confusion? Il est cependant vrai que depuis quelques mois, le gouvernement provincial avec l’appui de l’exécutif national a amorcé des grands travaux de modernisation de la voirie urbaine pour redonner à la capitale congolaise sa belle physionomie d’antan. Nous avons aperçu par-ci par-là des habitations entières et même des tombeaux être déplacés pour l’intérêt public. C’est le cas notamment de la rocade Mitendi-Ndjili Brasserie via gare de Kimwenza, après bien sûr indemnisation des propriétaires.
Se considérant comme des Sans domicile fixe, ces expulsés lancent un cri d’alarme à l’endroit des autorités nationales afin que justice leur soit faite étant donné qu’elles doivent bénéficier de droit humanitaire.
L’éducation des masses s’impose pour un nouveau citoyen
Il faut reconnaître que les grands maux auxquels fait la capitale Kinshasa, et même l’ensemble du pays, sont dus à l’incivisme de la majorité des Congolais qui ne respectent pas les lois et les règlements du pays. Le cas du gangstérisme foncier que nous venons de stigmatiser résulte bien du non-respect des règles urbanistiques, notamment l’interdiction de construire au bord des voies ferrées.
Face à ce déficit de civisme, il importe de mettre en place une formation permanente des citoyens à qui on doit inculquer un nouveau type de comportement. Un homme bien formé ne peut pas acheter une parcelle dans un endroit à problème dès lors qu’il sait que tôt ou tard, l’État propriétaire du sol et du sous-sol peut l’en déguerpir.
Outre les cas d’occupation illégale d’espaces publics, nous pouvons citer notamment les questions liées aux embouteillages, à l’insalubrité, aux nuisances sonores et au banditisme urbain. Pour la énième fois, le Gouverneur de la ville est revenu sur ces dossiers la semaine dernière avec les bourgmestres et les chefs de quartier.
Au cours de cette rencontre de travail, les mesures anciennement prises ont de nouveau été remises sur la table. Cette fois, dans le cadre de la campagne «Retour à la norme» et de l’opération ‘Balabala eza wenze te’ (la rue n’est pas le marché), le gouvernement provincial a décidé de détruire les marchés et garages pirates, et d’interdire l’occupation illégale des espaces publics. Qu’en sera-t-il lorsque ceux qui sont appelés à faire exécuter ces mesures n’en aperçoivent pas eux-mêmes l’importance et les citoyens ne comprennent pas que vivre dans une ville est différent de l’être dans un milieu rural? Les mêmes causes produisant les mêmes effets, nous risquons de vivre les mêmes drames dans le futur que ceux que nous connaissons de nos jours.
Muke MUKE