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Les journalistes du continent à l’assaut de la Grande Muraille
Visiter la Chine sans franchir les pierres séculaires de la Grande Muraille, c’est comme tourner les pages d’un livre sans jamais vraiment en lire le prologue.Le mercredi 18 juin 2025, sous un ciel à la fois bleu et parsemé de nuages denses, une vingtaine de journalistes africains, participants au programme d’échange du Centre international chinois de la presse et de la communication (CIPCC), se sont lancés à la conquête de ce géant de pierres. Cette visite a été organisée dans le cadre du séminaire de formation des rédacteurs en chef africains francophones.
À soixante kilomètres, au nord de Pékin, au col de Juyongguan, la section de la Muraille qui nous accueillait s’imposait comme un immense dragon de pierres, couché entre les montagnes verdoyantes. C’est ici, dans ce décor naturel saisissant, que l’expérience humaine a rencontré l’héritage architectural.
Le défi commença dès les premières marches. Un escalier abrupt, irrégulier, flanqué de murs épais et de tours de guet silencieuses. La montée est rude, chaque pas arrache une goutte de sueur, chaque palier devient un combat entre l’endurance et la gravité. On entend des souffles saccadés, des encouragements en français, en lingala, en ou encore en bambara. Certains renoncent à mi-parcours, d’autres persévèrent, habités par cette citation célèbre de Mao Zedong gravée dans les esprits : «Celui qui n’a pas gravi la Grande Muraille n’est pas un homme véritable».
La Muraille, témoin muet de deux millénaires
Loin de n’être qu’un monument, la Muraille est un témoin muet de deux millénaires de luttes et de sacrifices. Érigée dès le IIIe siècle avant notre ère, puis consolidée jusqu’au XVIIIème siècle, elle fut l’ultime rempart contre les invasions. Avec ses 21.000 kilomètres de long, elle traverse des montagnes, des rivières, des vallées, et même le désert de Gobi. Classée patrimoine mondial de l’Unesco en 1987, elle continue de séduire les foules, attirant chaque année plus de 10 millions de visiteurs venus du monde entier.
Ce jour-là, la Grande Muraille rencontrait sur son chemin les Africains. Des éclats de rire fusaient entre deux haltes, des pas hésitants devenaient soudainement légers, portés par la fierté de toucher l’un des symboles les plus puissants de l’humanité. Les plus téméraires, bravant la chaleur et la pente vertigineuse, ont atteint le 3 station en raison du temps qu’il a été donné par les accompagnateurs de ce séminaire.Là-haut, le paysage s’ouvre des crêtes lointaines, des collines luxuriantes, et cette interminable ligne de pierres qui se faufile jusqu’à l’horizon. C’est une vue qui ne s’oublie pas. C’est un moment suspendu.
La solidarité sino-africaine
Dans cette ascension physique se cache une autre, symbolique. Celle de la solidarité sino-africaine, du dialogue des civilisations, de la quête de savoir. Sur ces pierres usées par des siècles, les journalistes africains ont aussi posé leur histoire, leurs questions, leur curiosité. Et pour certains, ce fut l’occasion de penser à leurs propres patrimoines, souvent oubliés ou en ruines.
Après l’effort, il en suivra la célébration. Au pied de la Muraille, les stands de souvenirs regorgent de porte-clés, de médailles gravées, de casquettes à l’effigie du monument. Chacun repart avec un objet, modeste mais chargé de sens et de symbole. Une preuve matérielle d’un exploit personnel. Un fragment de Chine à emporter.
De notre envoyé spécial à Beijing Christian-Timothée MAMPUYA