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Les détenus de la prison de Mwene-Ditu confrontés à la pénurie de vivres et de médicaments
La prison urbaine de Mwene-Ditu, dans la province de Lomami, fait face à une crise humanitaire caractérisée par une pénurie aiguë de vivres et de médicaments. Selon des observations directes effectuées sur place le samedi 2 août, les conditions de vie des détenus se sont considérablement détériorées, atteignant un seuil critique qui menace la santé, voire la survie, des prisonniers. D'où l'appel des responsables pénitentiaires lancé en faveur des pensionnaires de cette maison carcerale.
Les témoignages recueillis auprès du personnel pénitentiaire et des détenus révèlent une réalité accablante : les stocks de nourriture sont épuisés depuis plusieurs semaines, réduisant les repas à des portions dérisoires et souvent impropres à la consommation. Les détenus souffrent de malnutrition aiguë, certains présentant des signes évidents de carences alimentaires sévères.
Parallèlement, l'absence criante de produits pharmaceutiques et de soins médicaux adéquats aggrave la situation sanitaire. Les maladies infectieuses, notamment les infections cutanées, les troubles gastro-intestinaux et les affections respiratoires, se propagent rapidement dans un environnement déjà insalubre. Les cas de paludisme et de typhoïde, fréquents en milieu carcéral congolais, ne reçoivent qu'un traitement minimal, faute de médicaments disponibles.
APPEL DÉSESPÉRÉ DES RESPONSABLES PÉNITENTIAIRES
Face à cette catastrophe annoncée, les responsables de la prison urbaine de Mwene-Ditu lancent un cri d'alarme aux autorités nationales, aux organisations non gouvernementales (ONG) et à la communauté internationale. Dans une déclaration officielle transmise à notre rédaction, le directeur de l'établissement a souligné l'urgence d'une intervention immédiate pour éviter une tragédie humaine.
"Nous sommes dans une situation intenable. Nos réserves sont vides, les détenus meurent de faim et de maladies, et nos appels répétés aux autorités compétentes restent sans réponse concrète. Nous exhortons le gouvernement, en particulier les ministères de la Justice et des Droits humains, à débloquer des fonds d'urgence pour l'approvisionnement en nourriture et en médicaments. La vie de centaines de personnes est en jeu", se plaignent-ils.
UN ÉTABLISSEMENT EN ÉTAT DE DÉLABREMENT AVANCÉ
La crise actuelle s'inscrit dans un contexte plus large de dégradation des infrastructures carcérales. La prison de Mwene-Ditu, comme de nombreux autres établissements du pays, souffre d'un sous-financement chronique, d'un manque de personnel qualifié et d'une surpopulation carcérale endémique. Les bâtiments, vétustes et mal entretenus, ne répondent plus aux normes minimales de salubrité et de sécurité.
Des sources locales rapportent que certaines cellules, conçues pour une dizaine de détenus, en abritent aujourd'hui plus du double, favorisant la promiscuité et la propagation des maladies. L'accès à l'eau potable est limité, et les installations sanitaires sont dans un état de délabrement avancé.
Les organisations de défense des droits de l'homme, tant nationales qu'internationales, sont appelées à se mobiliser pour éviter une escalade de la crise. Par ailleurs, des voix s'élèvent pour demander une réforme structurelle du système pénitentiaire, jugé dysfonctionnel et inhumain.
Félix Mulumba Kalemba