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La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
«To changer» peut avoir…
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L’après-Kitenge Yezu en question
Va-t-on remplacer ou simplement succéder à Kitenge Yezu dans la « fatshisphère » ? Allons-nous crier : le mentor est mort, vive le mentor ? L’homme au nœud de papillon et à la canne – crépusculaire- a-t-il été l’équivalent de Mazarin (Cardinal de Richelieu) dans la cour des Rois Louis XIII et surtout de Louis XIV ?
Pour faire simple, le « tomatier » a-t-il été pour Fatshi ce que Katumba fut pour JKK? Le chef de l’Etat a-t-il perdu « l’Organe » (sobriquet significatif de l’illustre disparu) ou est-il sevré uniquement d’un conseiller parmi tant d’autres, façon variable d’ajustement ?
La réponse à ces interrogations qui se résument en fait à une question ne saurait tarder. Désormais, les pas du Président seront particulièrement scrutés et auscultés pour savoir ce que représentait réellement Kitenge Yezu dans la galaxie présidentielle. Le chantier « Union sacrée de la Nation » est, à cet égard, un test grandeur nature.
Bâtie, essentiellement, sur le siphonage du FCC, l’USN va-t-elle enfin devenir la grande machine électorale du candidat déclaré à sa propre succession qu’est Félix-Antoine Tshisekedi ? L’attelage entre tshisekedistes de première heure, fatshistes, ex-mobutistes, kabilistes défroqués et katumbistes fatshi-compatibles va-t-il prendre telle la mayonnaise?
L’après-Kitenge rime forcément avec cette double interrogation. Tant, « Son Excellence le Haut Représentant » était en amont comme en aval de l’entreprise déboulonnage-construction qui a abouti à la vaste OPA (offre publique d’achat) sur le « patrimoine politique » de la kabilie. Un brin provocateur, Kitenge Yezu se vantait de chaque haut fait d’armes à coup de tweets.
Fut-ce une manière pour ce vieux briscard de la politique zaïro-congolaise de revendiquer la paternité de la success story de « Fatshi-béton » ? La tentation de répondre à cette question par l’affirmative parait grande. Certes, Georges Clémenceau -Premier ministre français au début du siècle dernier – disait : « les cimetières sont pleins de gens irremplaçables, qui ont tous été remplacés« . Il n’en demeure pas moins qu’il est de ces hommes auxquels on succède sans les remplacer.
Kitenge Yezu serait-il de cette race de sherpas dans la cour très hétéroclite de Fatshi? Telle est la mère de questions en ce jeudi 3 juin où le « tomatier » quitte définitivement la scène politique.
José NAWEJ