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« La double proclamation » de l’Examen d’Etat 2022-2023 suscite de vives protestations
La seconde publication des résultats de l’Exetat, édition 2022-2023 vient de révéler à la face de l’opinion tant nationale qu’internationale le degré de la déliquescence de l’enseignement en République démocratique du Congo (RDC). Cette épreuve nationale, instituée en 1967,n’a jamais vu ses résultats proclamés deux fois.
Pour preuve, cette année certains élèves qui ont échoué lors de la première proclamation, viennent d’obtenir leurs diplômes après une seconde proclamation, alors qu’il n’existe pas de système de repêchage à l’Examen d’Etat.
Face à ce sombre tableau, la synergie des syndicats de l’enseignement primaire, secondaire et technique (EPST) n’a pas hésité à tirer la sonnette d’alarme pour décrier « les manœuvres sordides autour de la correction des épreuves où les inspecteurs expérimentés ont été écartés du processus ».
Jean Bosco Puna a, au nom de ladite synergie, fait un constat amer sur ce qui s’y passe. « L’Examen d’Etat, domaine hautement technique réservé à la compétence de l’inspection générale de l’enseignement (IGE), au terme de la loi, est caporalisé aujourd’hui par le cabinet politique, qui gère la base de données de manière non transparente », a-t-il martelé.
« Le centre de correction officiellement fermé par l’autorité, à la suite des revendications des inspecteurs, n’a jamais été officiellement rouvert. Les inspecteurs et correcteurs qualifiés à cette laborieuse tâche, ont refusé de travailler pour n’avoir pas touché leurs primes des éditions antérieures et celle en cours. Il y a lieu alors de se demander par qui le ministère a fait corriger l’Exetat « , a-t-il rencheri.
Voulant se justifier auprès de l’opinion, le ministre de l’EPST, Tony Mwaba, a fait dire à son chargé de communication que la confusion qui règne actuellement sur la publication des résultats de l’Exetat, est venu du mal entendu causé par des erreurs techniques des sociétés de télécommunication qui ont publié les résultats sur des fenêtres de l’année 2022 au lieu de 2023.
Une partie des résultats célébrés cette semaine concerne les écoles consulaires hors frontières ainsi que les cycles courts des écoles techniques, a-t-il fait remarquer.
Mais les effusions de joie vécues notamment à Kinshasa, Kananga et Goma sont venues battre en brèche ces allégations. Ces manifestations prouvent clairement que ceux qui jubilaient exprimaient leur sentiment de victoire, après avoir été déclarés non gagnants lors de la première proclamation.
Le théâtre auquel nous assistons aujourd’hui a pour grand perdant le pays tout entier qui est en train d’institutionnaliser « le génocide intellectuel » de la jeunesse congolaise et le phénomène « chance eloko pamba ». Ce, alors que nous ne cessons de crier haut et fort à tout instant que l’avenir de la nation est entre les mains de cette jeunesse. Muke MUKE