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Kinshasa se meurt, les députés provinciaux interpelés!
L'image qu'offre aujourd'hui la ville de Kinshasa est tout simplement odieuse. La voirie urbaine se trouve dans un état de détérioration très avancée.
Dans l'état actuel des choses, la responsabilité est partagée. Du citoyen ordinaire aux dirigeants tant politiques que de la société civile, tout Congolais doit être interpellé. Car, le spectacle de la capitale déshonore l'ensemble de la population. Cependant, dans cette désolation, la responsabilité des députés provinciaux est très grande. Parce que ce sont eux qui votent le budget de la ville. À ce titre, ils ont le devoir de tenir compte des priorités des Kinois lorsqu'ils s'emploient à cette tâche. Et parmi ces priorités, figurent en pôle place la voirie et l'assainissement. En conséquence, ils devraient allouer à ces deux secteurs les moyens conséquents pour permettre au gouvernement provincial de s'acquitter comme il se doit de sa mission régalienne de maintenir Kinshasa dans un environnement sain. Cela pourrait constituer un argument de taille pour une éventuelle interpellation au cas où l'exécutif échouerait dans l'atteinte de cet objectif. Mais si le gouverneur et son équipe sont dépourvus de moyens appropriés, ils ont là un argument de taille pour justifier leurs contreperformances.
Dans ce registre, il y a lieu de déplorer le manque d'initiatives des bourgmestres de vingt-quatre communes qui n'entreprennent aucun travail de salubrité publique. Même le jour de samedi consacré aux travaux d'assainissement, on ne les aperçoit nulle part en train de sensibiliser leurs administrés pour les pousser à exécuter lesdits travaux. Ils attendent que tout soit fait par le gouvernement central, alors que les recettes qu'ils récoltent dans les marchés pirates peuvent bien leur permettre de poser des actions à impact visible dans leurs municipalités. Leur incompétence est davantage favorisée par le non- fonctionnement de conseils municipaux dont la mission est justement de les contrôler. En l'absence de ces organes délibérants, les bourgmestres se permettent beaucoup d'impairs. Si les communes sont dans la crasse, il est tout à fait normal que la ville en subisse les conséquences.
Par ailleurs, il importe de mettre en exergue la responsabilité des habitants de Kinshasa qui se sont acclimatés à la pourriture dans laquelle ils vivent et dont ils sont en majeure partie à l'origine. La plupart d'entr'eux ne se gênent pas du tout de cohabiter avec les ordures de diverses natures, laissant croire qu'il n'y'a aucune différence entr'eux et les cochons. Il est vrai que le niveau d'éducation compte beaucoup sur le comportement des individus. C'est pourquoi dans le cas d'espèce, l'éducation des masses est indispensable pour les aider à adopter des comportements dignes des personnes civilisées.
À ce propos, il est plus qu'indispensable de faire revivre le service d'hygiène qui est mort de sa belle mort, alors que dans le contexte actuel, ce service est plus qu'incontournable.
Que faut-il faire face à cette descente aux enfers de cette ville qui aurait dû être si pas la plus belle capitale d'Afrique, mais au moins parmi les plus attrayantes. Le respect des normes hygiéniques et environnementales doit être de rigueur au pays. Les contrevenants devront être sanctionnés conformément à la rigueur de la loi. À défaut, dans les années à venir, Kinshasa ne sera ville que le nom et ne méritera même pas le statut de capitale. L'heure est venue pour tous ceux qui aiment réellement la RDC de se mobiliser pour redorer l'image ternie de sa capitale.
Muke MUKE