Dernière minute
Société
Soyez patient les hommes qui savent supporte et attendre sont heureux. Voilà la version originale de cette phrase, c'est-à-dire avec des guillemets seulement à la fin; "patient" au singulier; sans ponctuation après "patient", alors qu'il en faut une virgule ou deux points; "supporte" conjugué,…
Culture
Forum éco
Sport
Enjeux de l’heure
Au cours d'une cérémonie solennelle organisée ce jeudi 6 août 2026 à la Cité de l'Union africaine, le Chef de l'État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a présidé la cérémonie relative à l'…
Étranger
La Colombie a annoncé un changement de sa position sur la question du Sahara et affirmé sa reconnaissance de la souveraineté du Royaume du Maroc sur ses Provinces du Sud.
Cette nouvelle…
Nation
Olivier Kamitatu, directeur de cabinet et porte-parole de l’opposant Moïse Katumbi, a récupéré, le vendredi 7 août, son passeport, selon des sources proches de son entourage. La restitution de ce…
Kinshasa : LGBTI, la boucler ou s’exiler
En Afrique, beaucoup de pays considèrent toujours l’homosexualité comme un crime. Dans ces différents Etats, être homosexuels est un calvaire. Parfois mortel. La RDC ne fait pas exception. Les lesbiennes, les gays, les bisexuels, les transgenres et les Intersexués (LGBTI) sont mal vus au sein de la société et sont régulièrement traités comme des criminels. Ils sont la cible de violences psychologiques, parentales voire intrafamiliales, des brutalités physiques. Cela se traduit dans certaines familles par des violences dont la gravité peut aller jusqu’à la mise en danger des jeunes concernés. Des victimes qui en ont les moyens fuient le pays vers des cieux sûrs, où les droits des minorités sexuelles sont garantis.
Les violences arbitraires et la discrimination dont sont victimes ces personnes ont des conséquences graves sur leur quotidien.
Régulièrement, les personnes LGBTI se voient battues et agressées par des groupes de jeunes que ce soit dans leur quartier ou dans la rue.
Ce n’est pas tout. Elles sont constamment injuriées et accusées de tous les maux telle que la sorcellerie ou même parfois d’être responsables des malheurs du pays. Ces personnes trouvent difficilement du réconfort dans leurs familles qui très souvent les rejettent. Socialement, leur vie est un calvaire car le travail leur est refusé et ils sont parfois excommuniés de leurs églises. Peu d’entre eux terminent leurs études, notamment les homosexuels en raison d’une part des violences subies mais aussi parce que les directeurs d’écoles ou d’universités craignent qu’ils influencent les autres élèves.
C’est comme l’histoire de cette pauvre jeune fille, orpheline de mère nommée Bengi Tshiamala Facky. D’après des sources, c’est à partir de l’âge de 15 ans qu’elle a commencé à avoir de l’attirance sexuelle pour des filles comme elle, repoussant systématiquement les avances des jeunes gens de son quartier.
Bengi Tshiamala Facky vivait avec son père qui a refait sa vie en se remariant après la mort de la maman de Facky. En rentrant tard un soir à la maison, elle a croisé le chemin des hommes qui l’ont brutalisée avant d’abuser d’elle. Et malheureusement pour elle ce viol s’est soldé par une grossesse. Bengi n’a pas avorté et donnera naissance en 2019 à un petit garçon, Richard Bengi, dont elle ne connaîtra jamais le père.
Jusque-là tout semble bien se passer entre elle et la femme de son père. Or sans le savoir, sa belle-mère est bisexuelle. Et un jour son père les a surprises en train de faire l’amour. Le choc était tellement violent pour le père de Bengi qu’il a fait un AVC et immédiatement conduit à l’hôpital. Commence alors le calvaire pour Bengi Tshiamala Facky. Double peine pour elle. Car la famille découvre à la fois son orientation sexuelle qu’elle ne peut tolérer et le mal qu’elle venait de causer à son père. Comble de déshonneur pour Bengi dont le père a succombé le 12 novembre 2021 à l’hôpital des suites de cette crise. L’enfer va alors s’abattre Bengi. Celle-ci sera terriblement violentée. Livrée à la vindicte populaire par les membres de sa famille qui ne veulent plus d’elle, Bengi Facky sera plusieurs fois battue, livrée aux viols répétitifs des garçons. Comme si cela ne suffisait pas, des membres de sa famille lui promettaient carrément la mort.
Dans le quartier, Bengi Tshiamala Facky est devenue persona non grata et dont le salut est dans la fuite. Pour sauver sa peau, Bengi Tshiamala Facky est entrée en clandestinité et personne n’a plus eu de ses nouvelles. Les membres de sa famille seraient carrément décidés à l’éliminer physiquement pour le déshonneur qu’elle a jeté sur la famille. Mais aussi et surtout pour être à l’origine de la mort de son père…
Il sied de préciser que la loi congolaise ne protège pas les LGBTI. C’est dans ce cadre qu’en 2016, le député national Steve Mbikayi a essayé s’inscrire à l’agenda de l’Assemblée nationale, sa loi interdisant l’homosexualité, déposée au Bureau de l’Assemblée nationale depuis 2013.
En attendant qu’un jour cette loi soit examinée par l’Assemblée nationale, l’homosexualité, au terme de l’article 176 du Code pénal congolais, est assimilée à une pratique contraire aux bonnes mœurs et punie telle quelle. Cet article se lit comme suit : « Quiconque se livrera à des activités contraires aux bonnes mœurs sera passible d’un emprisonnement de huit jours à trois ans et/ou d’une amende de vingt-cinq à mille zaires (ancienne monnaie).
L’homosexualité n’est pas directement mentionnée comme étant un acte criminel dans le code pénal, toutefois, l’article 172 du code pénal congolais spécifie que tout acte ou offense «contre nature » peut être punie d’une sentence de trois mois à cinq ans d’emprisonnement ferme.
L’acceptation sociale des LGBTI demeure plus qu’un défi dans l’ex-Zaïre.
FDA