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Kasaï-Central : Le directeur administratif de l’Assemblée provinciale suspendu
Un nouveau rebondissement est survenu au sein de l’Assemblée provinciale du Kasaï-Central, à la suite des tensions internes persistantes dans cette institution délibérante. Dans une correspondance officielle datée du 5 juin, signée par le Rapporteur adjoint, Jean Mazala Mulamba, un cadre administratif a été suspendu avec effet immédiat, dans un climat de confusion institutionnelle aggravée.
Ce document, portant notification de suspension, énumère une série de griefs graves à l’encontre du Directeur administratif de l’Assemblée provinciale, au nombre desquels figure notamment la rétention d’une pétition signée en date du 4 mai par des députés, et réceptionnée sans en avoir informé l’organe délibérant, en particulier le Rapporteur adjoint.
La situation s’est envenimée lorsque cette pétition a été rendue publique le 4 juin, soit un mois plus tard, sans notification préalable. L’auteur du document évoque ici une «ruse» constituant, selon lui, une violation flagrante de l’article 27 alinéa 5 du règlement intérieur de l’Assemblée provinciale.
Il accuse en outre le Directeur administratif d’avoir ignoré un message officiel du vice-Premier ministre de l’Intérieur, daté du 2 juin 2025, interdisant expressément la tenue de la plénière convoquée le 5 juin. Ce mépris des instructions officielles est interprété comme un acte d’insubordination administrative, en contradiction directe avec l’article 14 du décret n° 24/09 du 17 février 2024, relatif à la discipline dans l’administration publique.
dissensions internes au sein de l'assemblée provinciale
Fort de ces manquements, le Rapporteur adjoint a notifié la suspension immédiate du Directeur administratif, lui interdisant l’accès au bâtiment du Capitole, siège de l’Assemblée provinciale. Il a chargé le Coordonnateur du Bureau d’études d’en assurer l’intérim, en attendant une décision définitive. Par ailleurs, une procédure disciplinaire a été ouverte à l’encontre du concerné.
Cette mesure intervient dans un contexte de turbulences institutionnelles, marqué par des dissensions internes autour du leadership à l’Assemblée provinciale et des ingérences politiques croissantes. Elle soulève également des interrogations quant à la neutralité administrative face à des conflits politiques manifestes, notamment en lien avec les motions et pétitions visant les membres du Bureau.
À Kananga, plusieurs analystes redoutent que cette suspension ne vienne accentuer les crispations, à l’heure où l’Assemblée provinciale du Kasaï-Central cherche à rétablir sa crédibilité face aux attentes d’une population en quête de gouvernance responsable et transparente.
Pour les uns, la mise à l’écart du Directeur administratif pourrait aussi refléter des tensions sous-jacentes entre le Bureau et l’administration, à un moment où la stabilité politique de la province est déjà fragilisée par des mouvements contestataires, des rapports conflictuels avec le pouvoir exécutif provincial, et des ingérences des autorités nationales. Tandis que le flou demeure autour des suites administratives de ce dossier, l’opinion publique attend avec intérêt les réactions des autres membres du Bureau et des autorités nationales compétentes.
Félix MULUMBA