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Kasaï-Central : Le CPJ dénonce une occupation illégale de la parcelle du Centre de ressources pour jeunes
Une situation alarmante secoue actuellement le paysage associatif du Kasaï-Central, au cœur de la ville de Kananga, où une parcelle censée appartenir à la jeunesse provinciale est aujourd’hui illégalement occupée par un individu se réclamant ancien président du Conseil provincial de la jeunesse. Une situation que dénonce avec véhémence M. Mwamba, deuxième vice-président dudit Conseil.
Dans une déclaration publique ferme, ce jeune accuse un ancien président du Conseil provincial de la jeunesse – aujourd’hui destitué et battu aux récentes élections internes – d’avoir usurpé une parcelle stratégique située dans le quartier Kamayi. Celle-ci abrite les installations du Centre de ressources pour les jeunes, une infrastructure censée servir de cadre de formation, d’encadrement, d’éveil et de mobilisation de la jeunesse provinciale.
UNE PROPRIÉTÉ PUBLIQUE TRANSFORMÉE EN BIEN PRIVÉ ?
Selon Maurice Mwamba, la parcelle en question a été officiellement cédée par le gouvernement congolais comme un don à la jeunesse du Kasaï Central. Pourtant, aujourd’hui, elle est exploitée à titre personnel par cet ancien président qui, sous prétexte d’avoir dirigé le Conseil lors de la construction du centre, revendique la propriété du site. «Il oublie que les hommes passent, mais les institutions demeurent. Ce centre, érigé sous son mandat, n’est pas sa propriété. Il est un bien commun dédié aux jeunes de cette province», a martelé M. Mwamba.
Face à cette occupation jugée arbitraire et illégale, le deuxième vice-président en appelle à l’intervention urgente du pouvoir provincial, mais aussi du gouvernement central. Il exige la restitution immédiate de la parcelle à son propriétaire légitime : la jeunesse du Kasaï Central, à travers ses structures reconnues et légales.
«Il est inacceptable que les centres publics de développement soient confisqués par des individus, simplement parce qu’ils en ont supervisé les travaux à une époque. L’État congolais a investi pour la jeunesse, pas pour enrichir ou gratifier des individus. Le Centre de Kamayi doit revenir à la jeunesse, et cela sans délai», a-t-il poursuivi.
"Restons vigilants"
Ce cas illustre un problème plus large : celui de l’appropriation abusive de biens publics par certains ex-dirigeants au mépris des règles de gouvernance et de la continuité institutionnelle. La situation pose aussi la question de la gestion patrimoniale des infrastructures publiques, notamment celles dédiées à la jeunesse, à l’éducation et à la formation.
Maurice Mwamba rappelle que la mission du Conseil provincial de la jeunesse est de servir toute la jeunesse de la province. Aucun individu, aussi influent soit-il, ne peut se déclarer propriétaire d’un bien public simplement parce qu’il en a été l’initiateur ou qu’il en a supervisé la construction durant son mandat.
Maurice Mwamba lance un appel à toute la jeunesse du Kasaï Central : «Restons vigilants. Ce qui nous appartient doit être protégé. Nous devons défendre nos droits et exiger que chaque don du gouvernement destiné à la jeunesse serve réellement les jeunes. Ce centre doit retrouver sa vocation initiale».
Il invite également les organisations de la société civile, les mouvements citoyens et les médias à se mobiliser pour mettre la lumière sur cette affaire, afin d’éviter que ce précédent ne serve de modèle à d’autres détournements silencieux de biens publics.
Félix MULUMBA KALEMBA