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Kananga : La police ouvre une opération contre la prostitution des mineures
Les autorités policières de Kananga ont mené, hier mercredi, une opération visant à disperser et interpeller des jeunes filles mineures et majeures se livrant à la prostitution aux abords de la commune de Kananga et le long de l’avenue de la Mort, en plein centre-ville. Cette intervention fait suite à de multiples alertes lancées par la société civile et les habitants, consternés par la recrudescence de ce phénomène, particulièrement marquée en cette période de vacances scolaires.
D’après des observations sur le terrain, ces adolescentes, dont le nombre a considérablement augmenté ces dernières semaines, stationnent quotidiennement dès 20h30 sur des axes névralgiques tels que l’avenue Luiza dans la commune de Ndesha, ainsi que d’autres artères fréquentées. Leur méthode est décrite comme active : elles interpellent directement les hommes et jeunes garçons de passage pour leur proposer des services sexuels tarifés.
«C’est un spectacle désolant. Ces enfants, parfois à peine âgées de 15 ans, se retrouvent dans la rue par nécessité économique, exposées à tous les dangers», déplore un membre d’une organisation locale de défense des droits de l’enfant.
PRATIQUE DÉJÀ RÉPANDUE À KINSHASA, DÉSORMAIS VISIBLE À KANANGA
Si la prostitution de rue impliquant des mineures est un fléau bien documenté à Kinshasa, notamment sur des sites comme Pakadjuma, elle est désormais visible à kananga et sa propagation dans cette ville inquiète les acteurs sociaux. Les causes profondes de ce phénomène restent liées à la précarité économique, au manque d’encadrement familial et à l’absence d’opportunités pour les jeunes filles déscolarisées.
«Beaucoup de ces adolescentes viennent de familles démunies et voient dans cette activité un moyen rapide de subvenir à leurs besoins ou à ceux de leurs foyers», explique une travailleuse sociale requérant l’anonymat.
"Arrêter ces jeunes filles ne suffit pas"
Face aux multiples dénonciations, les forces de l’ordre ont finalement lancé une opération pour interrompre ces agissements, jugés illégaux et moralement répréhensibles. Les descentes policières ont conduit à la dispersion des groupes et, selon des sources locales, à l’interpellation de plusieurs individus, tant parmi les prostituées mineures que parmi leurs clients potentiels.
Cependant, des questions persistent quant à la prise en charge post-interpellation. «Arrêter ces jeunes filles ne suffit pas. Il faut des centres d’accueil, des programmes de réinsertion et un accompagnement psychosocial pour les sortir de cette spirale», propose un représentant de la société civile.
Les défenseurs des droits humains appellent à une réponse globale, combinant répression, prévention et soutien socio-économique. «La lutte contre ce fléau ne peut se limiter aux arrestations. Les autorités doivent travailler avec les ONG pour offrir des alternatives à ces enfants», souligne un activiste local contacté le mardi soir à l’issue de cette opération.
Cette situation illustre les défis structurels auxquels fait face la province du Kasaï-Central: pauvreté endémique, manque d’éducation sexuelle et absence de politiques publiques efficaces pour la protection de l’enfance.
Félix MULUMBA KALEMBA