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José Nawej, un grand dans la «Cour des Grands»
« Cher aîné Kimp, si cela ne vous dérange pas, veuillez faire une petite escale sur la 11ème … ». Entendez 11ème Rue Limete, siège du journal Forum des As. C’était là un de mes messages codés que m’envoyait mon jeune confrère José Nawej, en compensation d’un service que chaque membre de la corporation peut deviner. C’était un code qu’il avait inventé depuis mon élévation au rang de Coordonnateur du quotidien Le Phare, en juillet 2009.
Mais, à dire vrai, José Nawej tenait à me renvoyer l’ascenseur de la reconnaissance, pour avoir été son maître de stage au quotidien «Salongo», dans les années ’80, quand il était en instance de boucler sa troisième année de graduat à l’ISTI (Institut des Sciences et Techniques de l’information, aujourd’hui Ifasic (Institut Facultaire des Sciences de l’Information et de la Communication). Il aimait rappeler à ses journalistes et à ses «relations», avec une humilité qui m’allait droit au cœur, cet épisode de son cursus professionnel.
Comprenez mon émotion lorsque j’ai reçu, le samedi 28 octobre vers 23 heures 30, de Sylvain Mpono, responsable du Service administratif et financier de Forum des As, l’appel m’annonçant brutalement son décès.
Bien que le message lugubre était précis, j’ai commis la maladresse de lui demander de quel «José», me parlait-il. Mon interlocuteur a dû se répéter pour confirmer ce que je ne voulais pas croire.
J’ai dû passer plus de deux heures d’insomnie à ressasser les souvenirs de notre passé professionnel, mais surtout celui de ses éditoriaux pleins de poésie et de profondeur de pensée.
J’avoue que José Nawej me rappelait, par ce genre journalistique à la fois «froid» et «chaud», qu’il n’est pas donné au premier venu dans la presse d’exploiter, un patriarche de la grande famille communicationnelle, en la personne de Cyrille Momote de la revue «Zaïre», le grand hebdomadaire congolais ayant fait la pluie et le beau temps au niveau de l’Afrique Centrale, dans la décennie 70-80.
Il arrivait, de temps en temps à José Nawej, de solliciter ma petite «expertise», selon ses dires, pour obtenir des précisions sur certains événements et personnalités de l’époque du mobutisme, le tout avec son humour habituel.
En dépit de nos lignes éditoriales parfois divergeantes, sous les deux Kabila comme sous Tshisekedi, nous entretenions des liens de confrérie empreints de respect et de franchise. José Nawej, c’était le genre de journaliste au carnet d’adresses bien étoffé.
Je me souviens qu’au début de l’année 2019, après la passation des pouvoirs entre le Chef de l’Etat sortant, et l’entrant, Félix-Antoine Tshisekedi, il avait tenu à me mettre au courant des intentions d’un de nos anciens et éminents reporters, Eric Wemba, de rejoindre la rédaction de Forum des As, pour des raisons liées à notre ligne éditoriale, que l’intéressé n’épousait plus. Ce n’est qu’après avoir reçu de ma part l’assurance que je respectais la règle de la «clause de conscience» en faveur du précité et que j’étais de ceux qui encourageaient l’épanouissement de jeunes journalistes, qu’il lui avait enfin donné le feu vert.
Je peux témoigner, devant l’Eternel, que José Nawej, était un grand dans la «Cour des Grands». S’il y a un vœu à formuler à l’intention de mes jeunes consœurs et confrères de « Forum des As », c’est de ne ménager aucun effort pour continuer à faire briller le flambeau de ce média, comme le faisait si bien l’illustre disparu, un ennemi de l’à-peu-près. Paix à son âme
Jacques Kimpozo Mayala, Coordonnateur du Groupe de presse Le Phare.