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Jacquemain Shabani appelle l’AFC/M23 à «s’exprimer et à intégrer le processus» de paix
Deux jours après la signature, à Doha, d’une Déclaration de principes entre le gouvernement Rd-congolais et les rebelles de l’AFC/M23, l’heure est à la vigilance et à l’engagement mutuel. Invité dimanche matin sur RFI, Jacquemain Shabani, vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, est revenu sur le contenu et les perspectives de cette entente, tout en appelant les groupes armés à prendre leurs responsabilités.
Pour Jacquemain Shabani, il revient aux rebelles de faire un choix clair : celui de la paix et de l’avenir du pays.
«C’est à eux aussi de s’exprimer et d’intégrer le processus dans lequel la République démocratique du Congo est en train de s’engager pour que, enfin, ce cycle de violences, de guerres et d’interventions de forces étrangères dans la déstabilisation de la République démocratique du Congo, ne se répète plus»,a-t-il lancé.
Le ministre de l'Intérieur, qui a suivi les discussions à Doha au nom du gouvernement, a confirmé que le cessez-le-feu «permanent » évoqué dans la déclaration est en réalité un prolongement du communiqué du 23 avril dernier. «Il est entré en vigueur depuis ce communiqué», a rappelé Jacquemain Shabani, précisant que la déclaration de Doha a permis de «réaffirmer la volonté des parties» de respecter cette trêve.
RÉDACTION ET SIGNATURE D'UN COMMUNIQUE DE PAIX
Une nouvelle étape se profile désormais : celle de la rédaction et de la signature d’un communiqué de paix. Selon Shabani Lukoo, cette séquence interviendra dans un délai de dix jours à compter de la déclaration de Doha. Ce document en gestation devra notamment préciser la mise en place d’un «mécanisme conjoint de vérification» entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23. «Ce mécanisme va impliquer nécessairement la Monusco et le Qatar», a-t-il indiqué, ajoutant que ce dispositif s’appuiera sur le mécanisme d’observation mis en place autour de la médiation qatarie depuis le mois d’avril.
Concernant la surveillance de la trêve sur le terrain, Jacquemain Shabani a évoqué l’existence de rapports quotidiens qui documentent les réalités dans les zones de conflit, et permet à la médiation de rester informée et d’interpeller les parties au besoin.
Interrogé sur la question délicate des groupes armés alliés au gouvernement, en particulier les Wazalendo, le vice-Premier ministre a reconnu la complexité de la situation.
«Nécessairement, il faut intégrer le fait que nous avons ce souci de stabilité et de quiétude pour nos populations. Il est de notre devoir d’influencer ces groupes dans ce sens-là». Selon lui, les autorités provinciales jouent déjà ce rôle au quotidien, en œuvrant pour apaiser les tensions et favoriser un retour à la paix.
AVENIR POLITIQUE DE L’AFC-M23
Un autre point sensible abordé dans la Déclaration de Doha concerne la libération des prisonniers. L’AFC/M23 réclame la libération de plus de 700 détenus issus de ses rangs. Sur ce sujet, Jacquemain Shabani reste prudent.
«Cette question fera l’objet des échanges pour la rédaction de l’accord de paix. Il faut attendre la signature de ce document final qui déterminera les conditions dans lesquelles les prisonniers de part et d’autre pourront être libérés».
Quant à l’avenir politique de l’AFC/M23, le vice-Premier ministre s’est montré mesuré: «Je ne saurais moi-même aujourd’hui définir un avenir clair pour cette organisation. Mais nous avons identifié comme principe la nécessité d’un dialogue politique».
Ézéchiel Monteirious MONTEIRO