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Vers un front commun de l’opposition
*Dans l’optique des échéances électorales de 2023, Moïse Katumbi, Martin Fayulu, Matata Ponyo et Delly Sesanga se sont réunis hier à Lubumbashi… Ils seront bientôt rejoints par Denis Mukwege et Franck Diongo.
A huit mois des échéances électorales, la fronde anti-Fatshi se consolide. C’est du moins ce qui transparait de la rencontre des ténors de l’Opposition hier jeudi 13 avril à Lubumbashi. Au rendez-vous dans la ville cuprifère, Moïse Katumbi, Martin Fayulu, Matata Ponyo et Delly Sesanga se sont réunis pour peaufiner des stratégies adéquates, susceptibles de les aider à venir à bout du camp présidentiel aux joutes électorales de décembre 2023.
Au moment où les porte-étendards de l’Union sacrée se mobilisent pour formaliser leur plateforme électorale, l’Opposition affûte aussi ses armes pour ériger sa fronde dans l’optique du scrutin à venir. Piochant dans les décombres du front anti-Kabila de novembre 2018, Félix Tshisekedi a réuni à ses côtés ses ex-alliés de l’Accord de Genève pour signer, le 5 avril dernier, la Charte de l’Union sacrée de la Nation.
Si le Président candidat a choisi la ville de Kinshasa pour abriter cette cérémonie solennelle où le représentant de son parti (UDPS) s’est affiché aux côtés de Vital Kamerhe et de Jean-Pierre Bemba, Moïse Katumbi a convié à Lubumbashi Martin Fayulu, son ex-compagnon de Genève et de Lamuka.
Son cercle s’est aussi ouvert à de nouveaux alliés comme l’ancien Premier ministre Matata Ponyo et Delly Sesanga qui l’ont rejoint dans son fief. Il en est de même de Franck Diongo qui a atterri, jeudi soir, dans la ville phare du Haut Katanga. On annonce aussi l’arrivée prochaine du Prix Nobel de la paix, Dr Denis Mukwege.
En quête d’un candidat unique
Ce front commun de l’Opposition qui se dessine envisage certainement de se muer en plateforme électorale. Ses leaders, qui ne voudraient certainement pas se lancer dans la course électorale en ordre dispersé, tâcheront de porter à bras-le-corps un candidat unique qui va affronter Fatshi. Un peu comme, jadis, le camp Lamuka avait porté son dévolu sur Martin Fayulu, alors candidat à la Présidence. En sera-t-il de même pour l’année électorale en cours ?
De l’avis de nombre d’observateurs, il ne serait pas exclu de voir la majorité se dégager autour de Moïse Katumbi, déjà ciblé par le pouvoir dans sa campagne acharnée sur ‘‘la congolité’’, à travers la loi Tshiani, brandie par le député Nsingi Pululu. Cette proposition de loi, alignée par la session parlementaire en cours, vise à écarter de la sphère du pouvoir tout candidat aux institutions phares de la République qui ne serait pas Congolais de père et de mère.
La dynamique de Lubumbashi s’attend donc à fixer l’opinion ce samedi 15 avril sur le cadre de concertation en gestation. Des sources proches des chefs de file de l’Opposition qui ont rejoint la capitale cuprifère révèlent qu’une déclaration commune sera probablement adoptée et rendue publique ce week-end. Déjà, des équipes de chaque frange travaillent à cet effet dans l’optique de peaufiner le draft de cette déclaration commune. YKM