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Transport en commun: la grève des conducteurs a de nouveau paralysée Kinshasa
Ce lundi matin, une marée humaine a pris d'assaut le rond-point Ngaba. Faute de véhicules de transport en commun disponible, le nombre de piétons n'a cessé de croître à l'arrêt, contraignant certains d'entre eux à amorcer " la ligne 11 " : se rendre à destination à pied.
A Matete, la scène a été similaire. Pas étonnant de voir se bousculer des piétons à l'approche de rares taxis disponibles, contraints de débourser des montants supérieurs au prix officiel de la course.
Les Kinois, comme à leur habitude, nourrissaient l’espoir que la circulation reprendrait progressivement en fin de matinée, vers midi. Ils imaginaient déjà les routes se remplir des bus jaunes tant attendus, brisant le silence pesant des artères. Mais cet espoir s’est vite dissipé.
La réalité les a contraints à serrer les ceintures, voire resserrer les lacets de leurs chaussures pour entamer une longue marche forcée vers leurs destinations. Sous un soleil implacable, les rues se sont transformées en un vaste chemin de pèlerinage où des centaines de citoyens, épuisés mais résilients, tentaient de pallier l’absence des transports en commun.
Les motos, un refuge onéreux
Face à la rareté de bus, les motocyclistes ont vu une opportunité à saisir. Ces derniers, profitant de la crise, ont doublé, voire triplé leurs tarifs habituels, rendant cette alternative hors de portée pour de nombreux habitants.
Les motos tricycles, qui offraient une autre option, ont maintenu leurs trajets habituels, mais à des prix également revus à la hausse. Pendant ce temps, des Kinois exténués préféraient abandonner leur attente et rentrer chez eux, tandis que d’autres persistaient aux arrêts de bus, malgré les conditions éprouvantes.
Un rappel des règles ignoré
Lors de la réunion de dimanche, le gouverneur Daniel Bumba avait rappelé que toute grève devrait respecter une procédure légale : mise en place d’une commission, préavis et discussions avant toute exécution. «Autrement fait, c’est une grève sauvage», avait-il déclaré. Pour prévenir des débordements, il avait annoncé le déploiement de la police, soutenue par l’armée et les services de renseignement.
Il avait également insisté sur la nécessité de respecter la nouvelle grille tarifaire, en vigueur depuis le 7 janvier, tout en exhortant les syndicats à sensibiliser leurs membres sur l’importance de cette mesure.
Un ultimatum proche de l’échéance
Le lundi précédent, Bob Amiso, ministre provincial des Transports, avait donné un moratoire de dix jours aux transporteurs pour qu’ils s’adaptent à la nouvelle tarification.
Pendant cette période, aucun contrôle strict n’était prévu, une mesure visant à apaiser les tensions. Ce moratoire expire ce vendredi 24 janvier, ce qui pourrait accentuer les tensions entre les transporteurs et les autorités provinciales.
Cette grève, qualifiée de «sauvage» par les autorités, a plongé la ville de Kinshasa dans un chaos total, affectant profondément les activités économiques et sociales. Alors que les discussions semblent dans l’impasse, les Kinois, pris en otage par cette situation, espèrent une résolution rapide pour retrouver un semblant de normalité dans leur quotidien.
Jérémie ASOKO