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Sud-Kivu: une «ville morte paralyse Uvira» contre la nomination du général Olivier Gasita
La cité d’Uvira, chef-lieu provisoire du Sud-Kivu, a vécu une journée de forte tension hier mardi 02 septembre. La journée a été marquée par une paralysie quasi totale des activités. La population, soutenue par les groupes d’autodéfense Wazalendo, a observé une «ville morte» pour protester contre la nomination du Général Olivier Gasita à la tête de la 33ème région militaire.
Dès les premières heures de la matinée, commerces, marchés et établissements scolaires sont restés fermés. Des barrages ont été érigés sur les principaux axes, notamment à Rombe 1er, Mulongwe, Kavimvira et Kilomoni, jusqu’à la frontière burundaise.
Sur le pont Mulongwe, seuls les piétons pouvaient circuler. Les manifestants reprochent au général Gasita d’avoir facilité, par le passé, la chute de la ville de Bukavu aux mains de l’AFC/M23.
Une menace aux efforts de Wazalendo
La contestation a dégénéré dans certains quartiers. À Kakungwe, des tirs ont retenti, faisant deux blessés. Si les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) défendent la légitimité de leur officier supérieur, les protestataires considèrent sa présence comme une menace aux efforts des Wazalendo dans la lutte contre les groupes armés. Ils réclament purement et simplement l’annulation de sa nomination.
Face à la montée des tensions, plusieurs leaders communautaires et acteurs de la société civile ont appelé au calme. Ils invitent le gouvernement et la hiérarchie militaire à prendre en compte les revendications des populations locales, mettant en garde contre les risques d’infiltration et d’insécurité liés à la désignation de personnalités controversées dans une zone déjà marquée par les conflits.
Pascal NDUYIRI