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Batonga, bafinga, mapata ekweya te ! Sebondo ya machine na jeu…". Cette phrase en lingala avec deux mots français signifie : " Qu'ils calomnient, qu'ils insultent, le nuage ne tombera pas ! Sebondo de la machine en jeu…".
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Soutien rwandais au M23 : rien de neuf !
Ça aurait pu faire l’effet d’une bombe. Et constituer un scoop. Nenni. Juste un secret de polichinelle qui fait même pschitt. Mieux, une trivialité aussi vieille que le cycle infernal de guerres d’agression dont le Rwanda et l’Ouganda ne sont que des pointes visibles de l’iceberg.
Crier aujourd’hui « Eureka » à la manière d’Archimède à propos du soutien archi évident de l’Armée rwandaise à ses supplétifs estampillés M23, équivaut à prendre des Congolais pour des enfants de chœur. Qui, en commençant par la MONUSCO, ignorait que le M23 n’est qu’un ersatz du Rwanda ? A l’ère et à l’heure du tout technologique -drone, satellite, radar… -, pouvait-on imaginer un seul instant que quantité de technostructures des puissances occidentales qui s’amassent dans le Kivu avaient besoin de plusieurs mois pour voir ce que les Congolais démunis d’appareils sophistiqués voyaient à l’œil nu ? A savoir la présence des troupes rwandaises sur le sol congolais aux côtés de la poignée de rebelles d’opérette.
Faudrait-il être grand clerc ou analyste XXL pour relever que le rapport du groupe d’experts de l’ONU est publié au lendemain des manifestations de colère de la rue kivutienne contre les casques bleus, jugés inefficaces dans la protection des civils, face à la kyrielle de groupes armés dont le M23 soutenu par Kigali ? Ça sent, en effet, un lien de cause à effet entre les deux occurrences.
En voyant le verre à moitié plein, on peut se consoler de ce qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire. Mais, une fois qu’on l’a fait, vient immédiatement à se demander quelle sera la suite. Le fameux « so what« . That is the question quand on sait que ce n’est pas la première fois que l’on attrape le Rwanda en flagrant délit d’agression. Le pouvoir Kagamé est même coutumier du fait
L’ode à l’amitié et à la fraternité entonnée par le président Tshisekedi au seuil de son quinquennat et reprise en chœur par le peuple de l’UDPS notamment lors des obsèques d’Etienne Tshisekedi au stade des Martyrs n’y a rien fait. Paul Kagamé est resté droit dans ses bottes. Egal à sa doctrine militariste. Et ce tant que ses puissants soutiens dans la galaxie anglo-saxonne ne lui ont pas encore signifié sa date de péremption.
On ne dira jamais assez, pour belliciste qu’il soit, le régime Kagamé n’a pas suffisamment de ressources-financière, logistique, diplomatique…- pour narguer ad vitam aeternam la RDC sous la barbe des soldats de l’ONU dont la composante occidentale ne tarde guère à intervenir sur d’autres champs pour bien moins que l’agression répétitive du Rwanda.
La vérité, c’est que dans ce monde où la vertu, les valeurs et même les principes des relations internationales sont à géométrie variable, les Congolais devraient compter sur eux-mêmes tout en poussant leurs gouvernants généralement marqués par des atavismes d’extraversion à s’assumer et non à subir le narratif des « grands de ce monde« .
Mis à part des dérapages ayant causé mort d’homme, le récent réveil citoyen dans les villes emblématiques du Kivu est la seule voie pour créer un rapport de force afin de se faire entendre. La preuve, ce rapport onusien qui reconnait enfin ce que les Congolais vivent dans leur chair depuis des lustres. José NAWEJ