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Plus de 700 lapins, 500 chèvres, 20 vélos...portés disparus et 94 maisons incendiées à Dibaya en 2019
Des audiences foraines menées par le Tribunal militaire de garnison de Kananga ont clarifié l’ampleur dévastatrice des exactions commises lors du mouvement Kamuina Nsapu dans le village de Mbombwa, situé dans le groupement de Bakua Mamba, secteur de Kamuandu, territoire de Dibaya au Kasaï-Central. Les enquêtes approfondies menées hier mardi 3 juin, ont révélé des pertes matérielles considérables et des souffrances humaines profondes, tout en braquant les projecteurs sur un milicien évadé.
L’enquête a permis de dresser un tableau effrayant des destructions subies par les habitants de Mbombwa en 2019. Plus de 700 lapins, 500 cobayes, 500 chèvres, argent, biens de maisons,...et 20 vélos ont été portés disparus. En plus de ces pertes économiques dévastatrices pour une communauté rurale, plus de 94 maisons ont été incendiées, laissant de nombreuses familles sans abri et démunies.
Les autochtones interrogés par Forum des As ont identifié un certain Nyengele Kasalu Patient comme l’un des principaux acteurs de ces violences. Selon leurs témoignages, ce milicien de Kamuina Nsapu opérait dans le village avec son groupe. Ils précisent que ces individus sont venus à deux reprises, se livrant à des pillages et des incendies, plongeant les habitants dans une misère inouïe.
Les miliciens : Une apparition terrifiante
Les descriptions faites par les autochtones des assaillants sont glaçantes. Ils se présentaient, selon les témoignages, «habillés en bourgeois, d’autres portant des robes blanches, des bandes rouges aux têtes, poudre frottée sur les visages et les couteaux insérés dans ces bandes sur la tête». Une apparence effrayante qui renforçait leur pouvoir d’intimidation face à une population sans défense. Les habitants ont également souligné qu’il était impossible d’appeler la police, car les «bourreaux étaient armés», laissant les villageois à la merci de leurs agresseurs.
Face à l’ampleur des pertes et des traumatismes, les autochtones demandent à l’État, en tant que civilement responsable, de les remettre dans leurs droits. C’est un appel urgent à la réparation et à l’aide pour reconstruire leurs vies et leurs moyens de subsistance.
L’évasion d’un criminel recherché
Ce procès revêt une importance particulière car Nyengele Kasalu Patient, identifié comme l’un des miliciens ayant sévi à Mbombwa, avait été arrêté et incarcéré à la prison centrale de Kananga. Cependant, il s’est évadé en compagnie d’autres détenus le 5 mai 2019, vers 20h, en cassant le cadenas de la porte de secours de la prison. Cette évasion, déjà évoquée lors de précédentes sessions, soulève des questions sur la sécurité carcérale et la nécessité de le ramener devant la justice.
Pour le chef du village Mbombwa, les audiences foraines du Tribunal militaire de garnison de Kananga, qui ont débuté le mercredi 28 mai, à Tshimbu, sont un pas crucial vers l’établissement de la vérité et la recherche de justice pour les victimes du mouvement Kamuina Nsapu.
Félix MULUMBA