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Onu : Judith Suminwa porte la voix de la RDC sur les violences sexuelles dans les zones en conflits
La Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a présidé, hier mercredi 08 juillet, un débat public de haut niveau au Conseil de sécurité des Nations unies consacré aux violences sexuelles liées aux conflits. Une initiative qui marque le retour de la RDC à la tête de cet organe stratégique, plus de trois décennies après, selon une dépêche de la Primature.
Organisée dans le cadre de la présidence tournante assurée par Kinshasa pour le mois de juillet, cette session s'est tenue sous le thème : "Honorer la promesse du droit international envers les survivants de violences sexuelles liées aux conflits", en lien avec l'agenda "Femmes, paix et sécurité".
Dans son allocution, la cheffe du gouvernement a justifié l'engagement de son pays à porter cette question au plus haut niveau international. "Si la République démocratique du Congo a souhaité présider cette séance, ce n'est pas pour faire de son expérience nationale l'unique objet de notre débat. C'est parce que cette expérience douloureuse nous impose une responsabilité collective", a-t-elle déclaré.
DES VIOLENCES TOUJOURS UTILISEES COMME ARMES DE GUERRE
Intervenant également lors de ce débat, la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies chargée de la question des violences sexuelles en période de conflit, Pramila Patten, a salué "le courage politique" de la RDC. Elle a rappelé que ces violences continuent d'être utilisées comme armes de guerre, tout en dénonçant le faible niveau de financement de la prise en charge des victimes.
Selon les données évoquées, une femme déplacée ou réfugiée sur cinq est victime de violences sexuelles en contexte de conflit, alors que moins de 1 % de l'aide humanitaire y est consacrée.
Les cas les plus élevés ont été recensés en RDC, en République centrafricaine, en Colombie, en Haïti et au Soudan.
Au-delà des chiffres, plusieurs intervenants ont souligné l'ampleur sous-estimée du phénomène en raison du non-signalement de nombreux cas. Le rapport du Secrétariat général de l'Onu fait également état de violences subies par des hommes et des jeunes garçons, notamment en détention, dans des logiques de punition et d'humiliation.
S'exprimant en capacité nationale, la Première ministre Suminwa a martelé qu'aucune paix ne peut être durable tant que les auteurs de ces crimes continuent d'agir en toute impunité. Elle a insisté sur la nécessité de passer de la documentation des atrocités à des actions concrètes en faveur des victimes.
REPOSITIONNER LA RDC AU COEUR DES DEBATS INTERNATIONAUX
"Notre ambition ne peut plus être seulement de documenter l'horreur après qu'elle a eu lieu. […] Aucune architecture de paix n'a de sens si elle ne part pas de celles et ceux qui ont payé le prix le plus lourd de la guerre", a-t-elle soutenu.
Ce débat a également été marqué par les interventions de plusieurs États membres, dont les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, qui ont appelé à une mise en œuvre effective des résolutions du Conseil de sécurité en la matière. La société civile a aussi pris part aux échanges, notamment à travers la militante haïtienne Carine Jocelyn.
Pour Kinshasa, cette présidence du Conseil de sécurité constitue une opportunité stratégique de repositionner la RDC au cœur des débats internationaux sur la paix et la sécurité. Elle s'inscrit dans une vision axée sur le renforcement du multilatéralisme, la promotion du droit international et la recherche de solutions durables aux conflits contemporains.
La présidence intervient six mois après le début du mandat de la RDC en tant que membre non permanent pour la période 2026-2027. Elle présidence apparaît ainsi comme un levier diplomatique majeur pour faire entendre la voix du pays sur les enjeux globaux.
Ézéchiel Monteirious MONTEIRO