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Modification de la Constitution: le pavé dans la mare de Fatshi
*La classe politique congolaise bientôt en ébullition bien avant 2028.
Dans une interview accordée à quelques journalistes congolais à Bruxelles où il séjournait pour des soins médicaux, Félix Antoine Tshisekedi, président de la République a jeté le pavé dans la marre en évoquant la question de la mise en place d’une nouvelle constitution, en remplacement de celle de 2006 qui régit actuellement le pays. En parlant d’une nouvelle loi des lois, Félix Tshisekedi fait allusion à un tabula rasa de l’actuelle loi suprême.
Les raisons avancées ne manquent pas de pertinence. Il cite notamment les réformes sur l’éclatement de l’administration qui ont été faites de manière précipitée. Il déplore les procédures élastiques pour valider les mandats de députés nationaux et provinciaux ainsi que l’installation des institutions qui ont pris tout un semestre pour la désignation des gouverneurs de provinces.
En plus, le chef de l’Etat a stigmatisé l’éclatement du pays à cause de ces élections provinciales et autres qui radicalisent le tribalisme, le clanisme, le népotisme,… À ces antivaleurs, s’annexe le problème de culture politique. Selon lui, en matière de gestion de la chose publique, nous avons encore beaucoup à apprendre et nous allons étape par étape.
Il faut souligner que c’est ce dernier point qui constitue le grand mal à combattre dans le microcosme politique rd congolais. La plupart des personnes qui embrassent cette carrière le font plus pour l’amélioration de leurs propres conditions de vie. Aucun idéal pour la communauté ne constitue nullement leur préoccupation. C’est ici que le vrai changement doit être opéré, car si notre classe politique doit continuer à se comporter de la manière dont elle le fait depuis des lustres, la RDC ne peut nullement prétendre accéder au concert des nations développées.
Pour revenir sur notre plat de résistance à savoir la proposition présidentielle de changement de la constitution, il importe de souligner que le plus grand défi à relever en RDC concerne la transformation de l’homme. Nous pouvons avoir la plus bonne constitution du monde, mais si l’homme congolais demeure ce qu’il est, nous ne progresserons pas, comme dit plus haut.
S’agissant du tribalisme et du clanisme que le chef de l’Etat a stigmatisés dans son interview, il sied de reconnaître que ces deux antivaleurs découlent justement de cette mauvaise culture politique qui fait qu’une fois élus ou nommés à un poste de responsabilité, les heureux bénéficiaires se recroquevillent dans leur prisme biologico-familial, oubliant leurs partisans qui ont mouillé les T-shirts pour eux.
À ceux qui vont s’agiter à cause de l’idée avancée par le président de la République, nous dirons qu’il faut attendre le moment venu pour battre campagne contre ce projet de la nouvelle constitution dès lors qu’il va à l’encontre des aspirations démocratiques du peuple. Si par malheur, cette nouvelle loi suprême revenait sur certains principes auxquels le peuple congolais s’attache comme on s’attache à la prunelle de ses yeux, elle sera massivement rejetée par les électeurs. Il s’agit notamment du nombre des mandats présidentiels, de la forme de l’Etat et du sacro-saint principe de l’accession au pouvoir par la seule voie démocratique. Le recours aux armes doit être clairement prohibé.
Cependant, même si dans l’actuelle constitution ces points n’apparaissent pas, il y a lieu de déterminer dans la future constitution, au cas où le projet présidentiel se concrétiserait, le nombre de ministères à ne pas dépasser. Il y a aussi lieu de revenir sur certaines institutions comme le Sénat et le Conseil économique et social.
Les jours à venir vont sans aucun doute nous offrir des débats chauds alors que nous sommes encore loin des échéances de 2028. Mais il faut dépassionner le débat. Que les idées prévalent avant le fanatisme et la subjectivité.
Muke MUKE