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Batonga, bafinga, mapata ekweya te ! Sebondo ya machine na jeu…". Cette phrase en lingala avec deux mots français signifie : " Qu'ils calomnient, qu'ils insultent, le nuage ne tombera pas ! Sebondo de la machine en jeu…".
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Matadi Kibala ou le miroir de la RDC
D’un drame à un autre. D’une tragédie à une autre. Dans cette dynamique morbide, des morts. Beaucoup de morts. Des vies fauchées par balles ou armes blanches dans cet Est rd congolais où l’Etat de siège ressemble de plus en plus au » Mythe de Sisyphe » d’Albert Camus. A l’instar du triste bilan où on a dénombré jusqu’à 53 morts dans la nuit de mardi 1er à mercredi 2 février. Des congolaises cueillies aux aurores par la mort au front. Celui de la débrouillardise. Des morts de plus. Ou très exactement de trop.
Même si on ne peut faire l’économie de larmes, la tragédie de Matadi-Kibala a tout d’un miroir de ce qu’est la RDC. A savoir un concentré de problèmes entassés, cumulés sans autre solution au mieux que la procrastination incantatoire et, au pire, la complicité, l’incurie et la complaisance des administrations faisandées doublées de l’autisme et de l’immobilisme de l’Etat central.
A Kinshasa le far west urbanistique toise chaque jour qui passe les autorités du pays. Que de quartiers construits sous des pylônes haute tension de la SNEL! Donc d’autres Matadi – Kibala potentiels. Que fait l’Etat pour mettre fin à cette chienlit? Pas grand-chose. A part des annonces hyper médiatisées mais non suivies d’effets.
Même la vétusté des câbles renseigne sur le degré de la déglingue généralisée dans laquelle on se complaît comme si cela relevait d’un déterminisme religieux. Ces braves dames qui vivaient sans doute dans le noir ont été fauchées par des fils transportant un courant qui leur passait dessus sans les éclairer! Et pour boucler la triste boucle, faute de véhicules appropriés d’une sécurité civile inexistante, les corps sans vie ont été acheminés à la morgue dans des bus de fortune appelés … » Esprit de mort« . C’est la totale. José NAWEJ