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Martin Fayulu appelle à une marche nationale le 8 juillet: “Marchons avec amour, sans peur. Disons NON au changement de la Constitution”
*Pour Matin Fayulu: ”Notre pays n'a jamais eu un problème de texte, il a toujours eu un problème d'hommes”
*”Derrière chaque agression à Bukavu, c'est le pays tout entier qui est violé dans sa dignité” a-t-il déclaré
À l'occasion du 66eme anniversaire de l'indépendance du pays, l'opposant Martin Fayulu a lancé un appel à une « grande marche nationale » le 8 juillet prochain contre le projet de révision de la Constitution, tout en exigeant la démission du président Félix Tshisekedi, qu'il accuse de vouloir porter atteinte à la Loi fondamentale.
Dans son message à la Nation prononcé le mardi 30 juin, le président de l'Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECiDé) a réaffirmé son opposition catégorique à toute modification de la Constitution du 18 février 2006. « Notre pays n'a jamais eu un problème de texte, il a toujours eu un problème d'hommes », a-t-il déclaré. Il a estimé que s'engager dans une réforme constitutionnelle alors qu'une partie du territoire national demeure sous occupation étrangère reviendrait à « offrir des arguments aux sécessionnistes et ouvrir la voie à la balkanisation ».
Le leader de l'opposition a ainsi appelé les Congolais à descendre massivement dans les rues le 8 juillet prochain. « Que chaque avenue de Kinshasa, chaque rue de Lubumbashi, chaque quartier de Goma et d'ailleurs à travers le pays devienne le miroir de notre refus de revenir en arrière. Marchons avec amour, sans peur. Disons NON au changement de la Constitution », a-t-il lancé, avant d'ajouter : « Exigeons la démission de Félix Tshisekedi pour tentative de violation de la Loi fondamentale qu'il a juré de défendre, Bible à la main ».
“CE N'EST PAS EN CHERCHANT À NOUS TUER QU'ILS FERONT TAIRE LA VÉRITÉ”
Martin Fayulu a également revendiqué les récentes mobilisations organisées sous l'égide de la Coalition Article 64, créée le 19 mai dernier avec plusieurs acteurs politiques et de la société civile afin de « défendre l'ordre constitutionnel et préserver l'alternance démocratique ». Il a notamment cité la journée « ville morte » du 3 juin et la manifestation du 12 juin au Palais du peuple, qu'il affirme avoir été « sauvagement réprimée ».
Il a, par ailleurs , rendu hommage aux personnes décédées lors de cette manifestation. A l'occasion l''opposant a dénoncé la répression des mouvements de contestation. « Ce n'est pas en cherchant à nous tuer qu'ils feront taire la vérité et nous faire renoncer à notre combat », a-t-il déclaré, avant de saluer « les compatriotes tombés le 12 juin pour la démocratie ».
S'adressant aux forces de défense et de sécurité ainsi qu'aux magistrats, le “soldat du peuple” Martin Fayulu les a appelés à rester fidèles à leur engagement républicain. « Vous avez prêté serment à la Nation, pas à un homme », a-t-il rappelé.
“DERRIÈRE CHAQUE CRI D'UNE MÈRE DE GOMA, C'EST TOUT LE CONGO QUI PLEURE”
Dans son allocution, le président de l'ECiDé a également évoqué la situation sécuritaire dans l'Est du pays, exprimant sa solidarité avec les populations du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l'Ituri, confrontées aux violences armées. « Derrière chaque cri d'une mère de Goma, c'est tout le Congo qui pleure ; derrière chaque agression à Bukavu, c'est le pays tout entier qui est violé dans sa dignité », a-t-il déclaré. Il a ainsi accusé le M23, le Rwanda et les ADF d'être responsables de cette guerre qu'il qualifie d'« injuste ».
L'opposant a, par ailleurs, rendu hommage aux Léopards pour leur qualification historique aux seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026, saluant particulièrement le geste de solidarité de l'attaquant Yoane Wissa envers les populations de l'Est du pays. Selon lui, les joueurs incarnent « un puissant symbole d'unité nationale ».
À l'occasion de la célébration de l'indépendance, Martin Fayulu a enfin invoqué l'héritage des pères fondateurs de la nation, notamment Patrice Lumumba et Joseph Kasa-Vubu, appelant les Congolais à préserver l'unité nationale, l'intégrité territoriale et les principes démocratiques. « La force d'une nation ne réside pas dans ses seules richesses naturelles. Elle réside dans sa capacité à respecter sa Constitution, à protéger ses libertés et à transmettre aux générations futures un État plus juste, plus fort et plus stable », a-t-il conclu.
Jérémie ASOKO