Dernière minute
Société
L'accès à la terre, au financement agricole et aux infrastructures figure parmi les enjeux soulevés lors du lancement, jeudi 15 octobre à Kinshasa, de la quinzaine consacrée à la Journée internationale de la femme rurale. A cette occasion, la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae…
Culture
Forum éco
Sport
Enjeux de l’heure
Le projet de loi relatif aux droits d'auteur et aux droits voisins en République démocratique du Congo a été révisé au terme de sept jours de travaux d'une commission interministérielle, clôturés…
Étranger
Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L'assiste, a présidé, vendredi 04 Joumada 1er 1448 H correspondant au 16 octobre 2026, au Palais Royal à Rabat, la cérémonie de nomination des membres du…
Nation
L'atelier de perfectionnement des éducateurs d'académies de football congolaises s'est poursuivi, hier mercredi 14 octobre au stade Tata Raphaël, à Kinshasa. Au menu de la deuxième journée, le…
Kinshasa : construire pour démolir, le coûteux paradoxe des emprises publiques de Limete
* L'absurdité d'une ville sans anticipation
Le long du boulevard Lumumba et des petits boulevards, dans la commune de Limete, des mini-parcs, des terrasses et des espaces de loisirs ont accueilli des Kinois en quête de détente avant de disparaître sous les coups de démolition. Une situation qui soulève une question essentielle : pourquoi laisser s'installer des activités et engager des investissements si ces espaces sont ensuite récupérés par les autorités?
Au-delà des démolitions, c'est la planification urbaine et la gestion des emprises publiques qui sont questionnées.
À Kinshasa, la succession de constructions et de démolitions interroge la cohérence de l'action publique. Chaque aménagement mobilise des ressources financières, crée parfois des emplois et fait vivre de petites activités commerciales. Sa destruction peut entraîner des pertes économiques pour les exploitants, les travailleurs et les fournisseurs.
Certes, lorsqu'une construction empiète sur une emprise publique ou compromet un projet d'infrastructure, sa démolition peut être justifiée. Mais une interrogation demeure : pourquoi attendre que les installations soient achevées pour intervenir, si leur emplacement pose problème dès le départ ?
Les autorités compétentes ont-elles délivré des autorisations ? Les occupants connaissaient-ils la vocation des terrains ? Quels projets justifient leur récupération ? Autant de questions auxquelles des documents administratifs et des explications officielles permettraient de répondre.
Sans ces éléments, il serait prématuré d'attribuer des responsabilités. Toutefois, la répétition de telles situations appelle davantage de transparence et de prévoyance dans la gestion urbaine.
PLANIFIER AVANT DE CONSTRUIRE
La solution ne consiste ni à autoriser toutes les constructions ni à multiplier les démolitions. Elle exige une planification rigoureuse des emprises publiques.
La cartographie des terrains, la publication des projets d'aménagement et le contrôle préalable des occupations permettraient d'éviter des investissements incompatibles avec la vocation des espaces.
Lorsque la réglementation le permet, des aménagements légers et réversibles espaces verts, bancs publics ou aires de repos pourraient contribuer à améliorer le cadre de vie sans compromettre les infrastructures futures.
Les occupations temporaires devraient, quant à elles, être encadrées par des autorisations précises définissant leur durée, leurs conditions et les modalités de libération des terrains.
CONSTRUIRE POUR DEMOLIR CONSTITUE UN GASPILLAGE
L'enjeu est simple : planifier avant de construire, contrôler avant que les investissements ne soient engagés et expliquer les démolitions lorsqu'elles deviennent nécessaires.
Le cas des emprises publiques de Limete révèle un défi plus large pour Kinshasa : concilier le respect du domaine public, le développement économique et l'amélioration du cadre de vie.
L'argent investi ne saurait justifier le maintien d'une construction illégale. Mais le respect de la loi exige également des autorités qu'elles préviennent les occupations irrégulières et garantissent une application cohérente des règles.
Construire pour démolir constitue un gaspillage lorsque cette destruction aurait pu être évitée par une meilleure anticipation. Il revient donc aux services compétents de clarifier la vocation des emprises concernées, d'expliquer les démolitions et de présenter les aménagements durables envisagés.
Car une ville ne se construit pas seulement en érigeant des infrastructures : elle se développe aussi par la cohérence des décisions publiques et la capacité à penser son avenir.
Jérémie ASOKO