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Kasaï : le village Kayingila agité après une "exhumation" d'objets assimilés à des fétiches
Un événement présenté par plusieurs habitants comme une intervention spirituelle a provoqué une vive agitation, hier jeudi 19 février, dans le village de Kayingila, situé dans le groupement de Bakuamfuya, secteur Entre Kasaï-Loangatshimu, territoire de Kamonia, dans la province du Kasaï.
Selon des témoignages recueillis, un jeune prédicateur répondant au nom de Timothée Mukinayi, connu localement sous le surnom de Citapa, a procédé à l'exhumation d'objets soupçonnés d'être des fétiches, enfouis dans une habitation du village.
D'après les mêmes sources, cette situation est liée à un conflit conjugal impliquant un jeune homme, que certains habitants affirment avoir été sous l'influence de pratiques mystiques attribuées à une femme aujourd'hui portée introuvable.
Les témoins indiquent que plusieurs éléments inhabituels auraient été découverts sous un lit conjugal, notamment du sang, des cheveux, une graine de maïs, ainsi que des résidus de braises. Ces objets, interprétés par une partie de la population comme relevant de pratiques occultes, auraient été détruits par le prédicateur au cours d'une séance de prière.
L'incident aurait entraîné un important rassemblement d'habitants, attirés par la scène. Toujours, selon les récits locaux, le jeune homme concerné aurait ensuite retrouvé un état jugé normal par son entourage, tandis que sa conjointe aurait été victime d'un malaise avant de reprendre connaissance quelques heures plus tard.
Interrogé sur cette affaire, le chef coutumier du village, Kalala Kayingila, a déclaré avoir accompagné le jeune homme dans le but de calmer la situation et prévenir toute escalade. Il a exhorté la population à préserver la cohésion sociale et à privilégier le dialogue, appelant au calme et à la paix au sein de la communauté.
Cet épisode, abondamment commenté dans la zone, illustre la persistance des croyances traditionnelles et religieuses dans plusieurs milieux ruraux, où les accusations de pratiques mystiques ou fétichistes continuent de susciter des débats et des tensions au sein des familles et des communautés.
Félix MULUMBA Kalemba