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Insalubrité à Kinshasa : Fatshi décharge Bumba et confie la mission au Général Kabwik
La colère présidentielle se transforme en action. Ce n'est désormais plus un secret pour personne : la gestion de la salubrité publique dans la ville de Kinshasa est confrontée à d'énormes difficultés. Malgré les multiples promesses des autorités urbaines, Kinshasa continue d'offrir le spectacle désolant d'une ville envahie par des immondices, des caniveaux bouchés et des dépotoirs sauvages.
La récente visite du Président de la République, Félix Tshisekedi, au Marché central de Kinshasa (Zando), a mis en lumière cette réalité. Visiblement irrité par l'état de l'environnement observé sur place, le Chef de l'État n'avait pas caché son mécontentement face à l'insalubrité qui persiste dans plusieurs coins de la capitale.
UNE TASK FORCE SOUS L'AUTORITÉ DIRECTE DU CHEF DE L'ÉTAT
Après les constats et les critiques, place désormais à l'action. Selon les informations officielles, une Task Force spéciale chargée de l'assainissement de Kinshasa a été mise en place sous l'autorité directe du Président de la République.
À la tête de cette structure figure le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, commandant du Service national, qui s'est déjà illustrée dans plusieurs projets à caractère social et de développement à travers le pays.
La mission assignée à cette équipe est claire : restaurer la propreté de la capitale et redonner à Kinshasa une image plus digne de son statut de plus grande métropole francophone d'Afrique.
DANIEL BUMBA MIS À L'ÉCART ?
La désignation du général Kabwik à la tête de cette opération soulève de nombreuses interrogations au sein de l'opinion publique. Plusieurs observateurs y voient un désaveu implicite du gouverneur de la ville, Daniel Bumba.
En effet, la salubrité urbaine relève traditionnellement des compétences de l'exécutif provincial. Dès lors, pourquoi le Président de la République ressent-il le besoin de créer une structure parallèle pour s'occuper d'une mission qui incombe normalement à l'Hôtel de Ville ?
Pour certains analystes, cette décision traduit une perte de confiance dans la capacité des autorités provinciales à apporter des solutions durables au problème de l'insalubrité.
Que devient la régie d'assainissement de Kinshasa ?Une autre question revient avec insistance : quel est désormais le rôle des services techniques de la ville chargés de l'assainissement?
Entre les structures provinciales, les programmes municipaux et les différentes initiatives lancées depuis plusieurs années, les résultats peinent toujours à convaincre. Les montagnes d'ordures visibles dans plusieurs communes témoignent de l'inefficacité des mécanismes mis en place jusqu'ici.
L'arrivée du Service national dans ce secteur apparaît donc comme une tentative de rupture avec les méthodes traditionnelles qui n'ont pas produit les effets escomptés. Faut-il déduire que Daniel Bumba est mis à l'écart ?
L'ECHEC DE BUMBA DE PLUS EN PLUS DIFFICILE À NIER
Sans détours, de nombreux Kinois considèrent aujourd'hui que Daniel Bumba a échoué sur l'un des dossiers les plus visibles de son mandat. La salubrité, qui constitue l'un des indicateurs les plus perceptibles de la gouvernance urbaine, reste le principal point noir de son action à la tête de la capitale.
L'implication directe du Président Tshisekedi et la confiance accordée au général Kabwik apparaissent ainsi comme un aveu silencieux de l'incapacité du gouvernement provincial à relever seul ce défi.
Reste à savoir si cette nouvelle approche permettra effectivement de débarrasser Kinshasa de son image de ville sale ou si elle ne constituera qu'une énième opération de communication sans impact durable sur le quotidien des habitants.
César IPOKA