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Incidents meurtriers du 30 août à Goma : «Les coupables seront sanctionnés», soutient le Gouvernement
*Le procès en flagrance est en cours depuis le 5 septembre.
Le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité et Affaires Coutumières, Me Peter Kazadi Kankonde et le ministre de la Communication et Médias, Porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe ont co-animé un briefing Presse hier mercredi 6 septembre. Au menu des échanges, les conclusions de la Commission interministérielle sur les événements survenus le 30 août dernier à Goma.
Dans ses mots introductifs, le Porte-parole du Gouvernement a rappelé qu’une délégation ministérielle s’était rendue à Goma, dépêchée par le Président de la République, Félix Tshisekedi, pour s’enquérir de la situation et situer la responsabilité de chacun pour en tirer toutes les conséquences. L’équipe a produit plusieurs résolutions au nombre desquelles le rappel du gouverneur militaire à Kinshasa et le procès en flagrance déjà initié depuis le mardi 5 septembre.
«Une des premières réactions de la délégation a été d’identifier les victimes auprès de leurs familles et voir comment le gouvernement devrait intervenir pour exprimer sa compassion face à cette tragédie», a indiqué le ministre Patrick Muyaya.
S’exprimant après Patrick Muyaya, le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Sécurité et Affaires Coutumières est revenu sur le déroulé de cette mission à Goma.
«C’est depuis le 1er septembre que nous nous sommes rendus à Goma pour nous enquérir de la situation et ce sur ordre du chef de l’état. Et nous avons élaboré notre calendrier de travail», a expliqué maître Peter Kazadi.
D’après le chronogramme établi, la délégation ministérielle a reçu tous les responsables sécuritaires de la ville de Goma : il s’agit entre autre du gouverneur militaire et son vice, du commandant de la police, de l’ANR et de la DGM. La société civile, le caucus intercommunautaire, les mouvements citoyens et toutes les couches sociales ont été également consultés, assure Peter Kazadi, le chef de cette délégation.
Au terme de ces consultations, les conclusions ont conduit en la mise en accusation du commandant de l’unité de la garde républicaine et du commandant de régiment qui ont été déférés devant le tribunal militaire de Goma.
Ce n’est pas tout. Certaines mesures ont été également prises notamment le rappel du gouverneur militaire à Kinshasa pour consultation ; la suspension de deux policiers chargés de la sécurité de la ville de Goma ce jour-là ; la libération de quelques militants de mouvements citoyens ; la prise en charge des obsèques de toutes les victimes.
Me Peter Kazadi a insisté sur le fait qu’ils ont reçu mandat non seulement d’écouter, mais de pénétrer les évènements qui s’étaient produits, de prendre de mesures et faire rapport au gouvernement pour d’autres mesures qui vont encore suivre. «Dans cette affaire, les coupables seront sanctionnés», ont insisté les deux membres du Gouvernement.
Faisant le récit de cette journée macabre, le VPM Peter Kazadi explique que c’est l’armée qui faisait la marche, et donc selon l’ordre opérationnel, l’armée n’était pas programmée pour intervenir. Selon Peter Kazadi, c’est lorsqu’il a été rapporté qu’un policier a été capturé par les membres de la fameuse secte, que l’armée est intervenue pour tirer le policier qui revenait de sa garde des mains de la secte. Les forces de sécurité ont tiré pour disperser les adeptes du groupe mystico-religieux dénommé «La Foi Naturelle Judaïque Messianique vers les Nations (FNJMN)/Agano La Uwezo Wa Neno/Wazalendo». Le policier a trouvé la mort par lynchage. C’est de là que tout est parti, assure le VPM.
Le premier communiqué fait par le ministère de la Communication sur ces incidents parlait de 43 morts. La situation ayant évolué le VPM avait communiqué le chiffre de 51 décès.
Patrick Muyaya assure, le gouvernement n’a rien à cacher dans cet incident qui est arrivé. « Le gouvernement a condamné ce qui s’est passé. Nous avons été dépêchés pour comprendre et faire rapport. Dans notre compréhension des choses, il y a des défaillances du côté de l’Armée. Et puisqu’il y a eu des morts par balles, mais ayant également une tentative de récupération pour charger le gouvernement notamment sur le chiffre. Ceux qui sont morts sont des compatriotes. Le gouvernement n’a aucun intérêt à cacher quoique ce soit. Les responsabilités seront établies avec le procès en cours et les responsables de ce que nous déplorons seront châtiés…), s’est exprimé Peter Kazadi, qui insiste pour que l’on laisse la justice faire son travail afin de tirer au clair les responsabilités de tout un chacun.
Pour rappel, la délégation dépêchée à Goma était composée du Vice-Premier ministre Peter Kazadi accompagné du Vice-premier ministre en charge de la Défense et des Anciens combattants ; du ministre de Droits humains ; de la Justice. L’auditeur général des FARDC en faisait également partie. Didier KEBONGO