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Goma : MSF déplore un mort par balle au sein de l'hôpital de Kyeshero
Une personne est morte par balle à l'hôpital de Kyeshero, à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu. Ce décès est survenu à la suite d'une incursion d'hommes armés dans ce centre de santé où travaillent des équipes de Médecins Sans Frontières (MSF).
Face à la résurgence d'incidents violents touchant les services de santé dans les provinces du Nord et du Sud Kivu, MSF condamne avec la plus grande fermeté l'usage des armes dans et autour des structures de soins.
"L'usage de la force et des armes dans l'enceinte de l'hôpital de Kyeshero a transformé une structure médicale, censée demeurer en tout temps un lieu sûr, en une zone dangereuse où une personne a été tuée", fustige Margot Grelet, coordinatrice des urgences pour MSF au Nord-Kivu.
"Les tirs ont semé la peur et perturbé les services médicaux, déplore-t-il. Une balle a traversé une fenêtre et a atterri dans le matelas d'un patient. Ces événements sont inacceptables et ne doivent en aucun cas se répéter, ni à Goma ni ailleurs".
UN MORT, TROIS BLESSES, ET DEUX AGENTS MOLESTES
Selon le communiqué rendu public par MSF, l'attaque s'est déroulée dans la soirée du vendredi 4 au samedi 5 avril. Une vingtaine d'hommes armés appartenant au M23/AFC sont entrés dans l'enceinte de l'hôpital de Kyeshero, à la recherche de personnes qui y ont trouvé refuge.
Au cours de cette opération, les équipes de MSF, qui appuient l'Unité Nutritionnelle de Traitement Intensif (UNTI) de cette structure privée liée au ministère de la Santé, ont été témoins de tirs provenant de ces hommes en armes.
Bilan, une personne a été tuée et trois autres blessées. Deux membres du personnel de l'hôpital ont été violemment molestés. Bien que les hommes armés ne soient pas entrés à l'intérieur des services de l'hôpital, des balles ont atterri à l'intérieur de certains d'entre eux.
Une quinzaine d'incidents enregistrés
Les équipes MSF signalent que cet incident violent n'est pas un événement isolé. Il reflète une augmentation alarmante de la violence perpétrée par l'ensemble des parties au conflit en cours.
Ces violences, déplore MSF, touchent les établissements et les travailleurs de la santé et mettent en danger la vie des patients et du personnel médical dans cette partie du pays.
Les équipes MSF ont, en effet, été confrontées depuis le début de l'année à une quinzaine d'incidents violents qui ont affecté directement les structures et hôpitaux qu'elles soutiennent dans les deux provinces.
A Masisi Centre, au Nord-Kivu, des affrontements entre combattants VDP/Wazalendos et M23/AFC ont tourné au désastre le 20 février dernier. L'on a enregistré deux blessés dans la base MSF. Parmi les vitimes, Jerry Muhindo Kavali, employé de MSF, décédé de ses blessures deux jours plus tard.
"A Walikale, à 150 kilomètres de Masisi, des tirs croisés ont touché notre base le 19 mars, impactant nos structures et certains de nos véhicules lors d'affrontements entre les belligérants. Au Sud-Kivu, l'Hôpital général de Référence (HGR) d'Uvira s'est retrouvé pris sous des tirs croisés mi-février lors d'affrontements dans la ville", révèle un membre de MSF.
Toutefois, cette ONG réitère son engagement à fournir des soins médicaux aux côtés des services de santé locaux dans les provinces affectées par le conflit à l'Est de la RDC. Cependant, la fréquence et la gravité accrues de ces incidents mettent à rude épreuve leurs capacités d'intervention et risquent d'entraîner la suspension de certains services.
"Sans garanties minimales de sécurité, le personnel soignant et les acteurs humanitaires ne peuvent travailler. Ils ne doivent pas risquer leur vie pour continuer à fournir des soins vitaux à la population. Nous demandons à toutes les parties concernées de préserver le caractère civil des structures de santé ", exhorte Margot Grelet.
Fyfy Solange TANGAMU