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ENCORE UN ENIEME NAUFRAGE DANS LE LAC MAI-NDOMBE : Le Gouverneur invité à sanctionner les auteurs du laisser-aller
Le lac Mai-Ndombe vient, pour la énième fois, d'engloutir des passagers qui avaient pris place à bord d'une baleinière sans doute en partance vers Kinshasa. La cause de la catastrophe, à voir les images qui ont circulé, reste toujours la même : la surcharge de l'embarcation.
Il y a à peine quelques mois, pareil accident est survenu pratiquement dans les mêmes circonstances. Alors que les membres des familles endeuillées n'ont pas encore fini d'essuyer leurs larmes, voilà encore d'autres qui viennent de s'ajouter sur la liste des victimes.
Pour mettre fin à ces cycles de naufrages, après ceux survenus au Sud-Kivu, nous avions préconisé en son temps des sanctions sévères contre les commissaires fluviaux complaisants qui accordaient vaille que vaille des autorisations de navigation aux embarcations qui, visiblement, étaient bondées des passagers et des marchandises.
Cette fois-ci, nous invitons le gouverneur de la province de Mai-Ndombe à aller au-delà des commissaires fluviaux. Les responsables de la Direction générale des migrations (DGM), les éléments de la force navale et les autorités de la Direction des recettes de sa province doivent également être interpellés. Les uns et les autres interviennent à un niveau ou un autre sur ce qui se passe aux lieux d'embarquement des passagers.
Le comble est que tous sont préoccupés par le côté succulent de leurs tâches, au détriment malheureusement de nombreuses vies humaines qui sont ainsi sacrifiées. Face à ces incidents récurrents dans nos rivières, le Trésor public en pâtit à cause de la prise en charge des victimes. Nous le savons, la situation socio-économique de la RDC n'est pas rose. Il y a énormément de défis à relever auxquels le gouvernement doit faire face, mais le budget national est loin d'y répondre. D'ailleurs, pour le dernier naufrage dans le lac Mai-Ndombe, il a fallu le concours du Royaume de l'Arabie Saoudite pour venir en aide aux victimes. Cette fois, d'où viendra l'appui financier ou matériel ?
Nos autorités doivent prendre des décisions appropriées courageuses pour éviter la récurrence de ces incidents qui causent des morts qu'on peut facilement éviter. Cela doit commencer impérativement par les sanctions contre les agents incompétents,dans le but de dissuader tous ceux qui auraient envie de se conduire de manière frivole.
Pour revenir sur le cas en cours de Mai-Ndombe, si le gouverneur ne diligente pas des enquêtes sérieuses, on pourrait le traiter de complice avec les responsables ci-haut cités, auquel cas les députés provinciaux pourraient l'interpeller pour une issue appropriée. Le chef de l'exécutif provincial est appelé à appliquer la sentence des Romains selon laquelle lex dura sed lex, c'est-à-dire la loi est dure mais c'est la loi.
Par ailleurs, dans tous ces drames fluviaux, nous ne devons pas minimiser la responsabilité des passagers qui prennent place à bord de ces embarcations. La vie est sacrée, dit-on. C'est à la personne elle-même de prendre des précautions qui s' imposent pour se protéger avant que Dieu et l'Etat n'interviennent. En décidant de s'embarquer à bord d'un bateau ou d'une baleinière de fortune, visiblement en surcharge, l'on prend le risque semblable à celui d'un suicide.
Pour prévenir de telles maladresses, étant donné que l'Etat a le devoir de protéger ses citoyens, il doit recourir à tous les moyens à sa disposition pour éduquer les masses à travers, notamment, les radios communautaires, associatives et confessionnelles qui diffusent dans les milieux ruraux.
En tout cas, l'heure est venue de s'attaquer aux vraies causes profondes de ces morts "bêtes", au lieu de jeter chaque fois les larmes de crocodile. Face à un malade qui développe la fièvre, un bon médecin s'attaque à la cause de la fièvre, et non lui verser de l'eau sur le corps. En tout cas, si aucune décision drastique n'est prise, soyons dès lors sûrs d'enregistrer un autre drame prochainement.
Muke MUKE