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"Basalaka feti na mawa ya mutu te !"
"Basalaka feti na mawa ya mutu te !" Cette leçon prodiguée en lingala est traduite en français par "On ne fête pas le malheur d'une personne". On pourrait aussi dire "Basalaka feti na mawa ya moninga te !" pour traduire par "On ne fête pas le malheur d'un ami".
Cette expression, qui paraît autant comme un conseil qu'une remarque, souligne l'importance de l'empathie et de la morale. Elle affirme qu'il ne faut pas construire son bonheur sur la souffrance, le malheur d'autrui. Se réjouir du malheur d'autrui est souvent perçu comme cynique ou inhumain, même si le dicton populaire suggère parfois le contraire.
La dignité et l'éthique supposent que le véritable bonheur repose sur l'altruisme, tandis que s'élever en écrasant les autres est considéré comme une forme de malheur égoïste.
Cette phrase pleine de renseignements appelle à 'ne pas rendre le mal à autrui. Même face à des ennemis, il est conseillé de ne pas se réjouir de leur chute. Nous craignons qu'un tel conseil soit facile à intérioriser !
Elle a également une certaine relation au deuil. Le pire deuil est celui qui survient dans un quotidien ordinaire, soulignant la cruauté d'une joie construite au mépris de la douleur des autres, la Bible nous conseillant de pleurer avec ceux qui pleurent. A ce sujet, l'un des opposants congolais les plus radicaux basé depuis des décennies en Belgique et réputé pour ses interventions incendiaires sur les réseaux sociaux, avait été rabroué par des internautes lors du décès de la mère de Koffi Olomide après s'être moqué de ce dernier de sa façon de pleurer sa mère.
Tout compte fait, l'expression "On ne fête le malheur d'un ami" contraste avec cette autre expression "Le malheur des uns fait le bonheur des autres". Bien que cet adage populaire se réjouisse du malheur des autres, de nombreuses personnes considèrent cela comme un manque de compassion, l'expression d'une cruauté évidente.
La phrase du jour souligne une règle morale fondamentale : il est indécent de célébrer sa propre joie ou le succès au détriment de la souffrance, de l'échec ou du malheur d'autrui. Cela prône l'empathie, le respect et la retenue, interdisant de se réjouir de la détresse d'une personne. Ce qui serait de l'égoïsme et de l'insensibilité. Et célébrer dans ces conditions est perçu comme un manque de compassion.
En somme, cette phrase est un rappel de morale : la réussite durable ne peut être bâtie sur la misère, le malheur, le chagrin ou la défaite d'une autre personne, surtout pas d'un ami. Comme quoi, le bonheur véritable ne doit pas être construit sur le chagrin de quelqu'un d'autre.
Kléber KUNGU