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AGOA : Washington envisage d’écarter le Rwanda et l’Afrique du Sud du programme commercial préférentiel dès janvier 2027
L’administration Trump durcit sa politique commerciale envers deux pays africains. Kigali et Pretoria risquent de perdre les avantages douaniers qui leur permettent d’accéder plus facilement au marché américain, sur fond de divergences économiques, politiques et diplomatiques avec Washington.
Les relations commerciales entre les États-Unis et deux pays africains pourraient connaître un nouveau tournant. L’administration du président Donald Trump prévoit de retirer le Rwanda et l’Afrique du Sud du programme African Growth and Opportunity Act (AGOA) à compter du 1er janvier 2027.
Selon les informations rapportées par l’agence Reuters hier lundi 2 novembre 2026, cette décision s’inscrit dans le cadre de l’évaluation des critères d’éligibilité auxquels doivent satisfaire les pays bénéficiaires de ce dispositif commercial américain.
Washington reproche notamment aux deux États certaines pratiques considérées comme incompatibles avec les exigences du programme, particulièrement en matière d’ouverture commerciale et d’investissements américains.
LE RWANDA CONFRONTÉ À DES PRÉOCCUPATIONS POLITIQUES ET ÉCONOMIQUES
Pour le Rwanda, les justifications américaines ne se limitent pas aux questions commerciales. L’administration Trump évoque également des préoccupations relatives à l’état de droit, au pluralisme politique, aux droits humains ainsi qu’au respect des droits des travailleurs.
Cette perspective intervient alors que Kigali avait déjà subi une première restriction dans le cadre de l’AGOA. Depuis juillet 2018, les exportations rwandaises de vêtements bénéficiaient d’une suspension des avantages douaniers préférentiels, à la suite d’un différend concernant les droits de douane imposés aux vêtements et chaussures d’occasion importés des États-Unis.
Une éventuelle exclusion plus large constituerait donc une nouvelle difficulté pour les relations économiques entre Washington et Kigali.
L’AFRIQUE DU SUD ÉGALEMENT DANS LE VISEUR DE WASHINGTON
De son côté, Pretoria fait face à des critiques américaines concernant les obstacles au commerce et aux investissements américains, la corruption ainsi que certaines considérations liées à la sécurité nationale et à la politique étrangère des États-Unis.
L’Afrique du Sud, première économie industrielle du continent, représente pourtant un acteur important du dispositif AGOA.
D’après Reuters, le pays a réalisé environ 1,7 milliard de dollars d’exportations dans le cadre de ce programme en 2025. Une éventuelle exclusion pourrait donc affecter plusieurs secteurs économiques, notamment l’industrie automobile, les équipements et les produits manufacturés.
Les autorités sud-africaines ont, de leur côté, indiqué être préparées à une décision défavorable, tout en privilégiant la poursuite du dialogue avec Washington et la recherche de nouveaux partenaires commerciaux.
QUELLES CONSÉQUENCES POUR LE CONTINENT AFRICAIN ?
Entré en vigueur en 2000, l’African Growth and Opportunity Act constitue un instrument majeur de la coopération commerciale entre les États-Unis et l’Afrique subsaharienne.
Ce mécanisme permet aux pays africains éligibles d’exporter plus de 1 800 catégories de produits vers le marché américain sans droits de douane, en complément d’autres préférences commerciales.
Au-delà des échanges commerciaux, l’AGOA représente un instrument de développement économique, de promotion des investissements et de création d’emplois pour plusieurs économies africaines.
Le retrait éventuel du Rwanda et de l’Afrique du Sud pourrait ainsi relancer les interrogations sur l’avenir des relations commerciales entre Washington et ses partenaires africains, particulièrement dans un contexte de concurrence économique et d’évolution des alliances internationales.
Pour les autres pays bénéficiaires, cette situation rappelle également que le maintien des avantages de l’AGOA reste conditionné au respect des exigences économiques, institutionnelles et politiques fixées par les États-Unis.
César IPOKA