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GUERRE D'AGRESSION RWANDAISE : Le gouvernement ordonne la fermeture de l'ambassade rwandaise à Kinshasa
* L'Exécutif congolais rappelle ses diplomates basés à Kigali.
La tension est vive entre Kinshasa et Kigali. Kinshasa a décidé de durcir le ton en rompant officiellement ses relations diplomatiques avec Kigali, sur fond de l'aggravation de la situation sécuritaire et humanitaire ces derniers jours dans la région du grand Kivu et de l'Ituri dans l'Est du pays.
La guerre entre la RD-Congo et le Rwanda n'est pas que sur le front militaire. Elle s'est aussi détériorée gravement sur le plan diplomatique. Dans une note officielle publiée le samedi 24 janvier, le ministère des Affaires étrangères a annoncé le rappel immédiat de son ambassadeur accrédité à Kigali. Dans la foulée, Kinshasa somme les autorités rwandaises de cesser, dans un délai de 48 heures, toutes les activités diplomatiques et consulaires sur son territoire congolais.
"Le ministère des Affaires étrangères demande aux autorités rwandaises de tirer toutes les conséquences de cette décision", précise la note, marquant ainsi une rupture totale des relations entre les deux pays voisins.
Par ce geste, le Congo de Tshisekedi signe en grands caractères l'acte de décès de sa coopération diplomatique avec le pays de mille collines, déjà très fragilisé voici 3 ans. En effet, les récentes offensives de RDF-M23, ont exacerbé les tensions entre la RDC et le Rwanda. La mort du gouverneur militaire du Nord-Kivu, touché sur la ligne de front jeudi dernier, a encore alourdi le bilan de la crise et précipité la décision du gouvernement congolais.
Cette escalade des tensions diplomatiques n'est pas nouvelle. En octobre 2022, Kinshasa avait expulsé l'ambassadeur rwandais en réponse à l'intensification des affrontements. En mars 2023, le vice-Premier ministre des Affaires étrangères de la RDC avait évoqué l'absence de relations diplomatiques entre les deux États.
Médiation ANGOLAISE en eau de boudin
Malgré la médiation menée par João Lourenço pour désamorcer cette crise, ses efforts sont tombés en eau de boudin. En cause le 15 décembre 2024, lors de la dernière tripartite de Luanda, Paul Kagame a préféré jouer la politique de la chaise vide, mettant ainsi en péril ce processus de paix recommandé par l'Union africaine. Il a conditionné sa participation à ces assises à un dialogue direct avec ses supplétifs du M23, une demande que Kinshasa rejette car étant une ligne rouge à ne pas franchir.
Juste après ces événements, les affrontements se sont intensifiés sur le terrain entre les forces loyalistes et le RDF (Forces rwandaises de défense) jusqu'à atteindre les portes de Goma, ville hautement stratégique et symbolique de l'Autorité congolaise, car c'est là où se trouvent les sièges des institutions du Nord-Kivu.
La crise humanitaire s'aggrave
Les affrontements ont conduit à une crise humanitaire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Selon l'Ocha, plus de 178.000 personnes ont été déplacées depuis le début des récentes attaques. Ces déplacés, souvent des familles déjà touchées par des crises antérieures, vivent dans des conditions extrêmement précaires, avec un accès limité à la nourriture, aux abris et aux soins de santé.
Les localités de Bweremana, Minova et Kalungu sont particulièrement affectées, tandis que des vagues de réfugiés se dirigent vers des zones supposées plus sûres, notamment dans le centre-ville de Goma.
Mobilisation diplomatique
Face à cette crise, Kinshasa a multiplié les démarches diplomatiques. La ministre d'État en charge des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, mène actuellement une campagne internationale pour mobiliser le soutien des grandes puissances. Elle a rencontré plusieurs représentants de l'Onu, des États-Unis, de la Chine, de la Russie et de l'Union européenne en marge de la session d'urgence du Conseil de sécurité qui s'est tenue le dimanche 26 janvier.
Thérèse Kayikwamba dénonce le maintien du Rwanda comme pays contributeur en troupes auprès de l'Onu, malgré les preuves de son soutien au M23. Elle a exhorté les membres du Conseil à adopter des sanctions contre Kigali et à agir rapidement pour éviter un embrasement régional.
Christian-Timothée MAMPUYA