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Grâce Lula du Cafco: « L’heure est venue de briser le silence, de laisser tomber les tabous »
*La journée d’échanges entre les leaders des jeunes et les jeunes a été organisée en partenariat avec Health Action International/Union européenne.
Amener les leaders des jeunes à examiner, remettre en question, clarifier et affirmer leurs valeurs et leurs convictions sur les problèmes de santé sexuelle et génésiques associés. Une manière de prendre conscience et à se sentir plus à l’aise de soutenir leurs accès au service de santé sexuelle et reproductive. Tel est l’objectif de la journée d’échanges entre les leaders des jeunes et les jeunes sur l’accès au service de SSR. Cette activité a été organisée par le Cadre permanent de concertation de la femme congolaise (Cafco) avec l’appui de HAI financé par l’Union européenne, le mardi 7 février à Kinshasa.
À l’ouverture de cette matinée d’échanges, Grâce Lula a indiqué que l’accès à l’information et aux services de SSR sont des droits humains, les jeunes et les adolescents doivent en jouir. Selon elle, les grossesses non-désirées, des avortements clandestins dans les milieux des jeunes avec leurs corolaires des conséquences sociales, résultent de plusieurs facteurs entre autres l’ignorance, la sous-information, la désinformation, les us et coutumes, le silence et tabous autour du sexe et de la sexualité.
Grâce Lula a salué ce projet. Elle pense que « l’heure est venue de briser le silence, de laisser tomber les tabous, de faire bouger les lignes au niveau des politiques et décideurs, d’innover dans les approches en vue d’aider les jeunes à disposer d’informations et des compétences leur permettant de prendre des décisions éclairées concernant leur sexualité« .
Elle a également invité les participants à s’approprier les informations partagées et à capitaliser les riches expériences et enseignements mis à leur disposition.
Pour sa part, la coordinatrice santé et droits sexuels et reproductifs à Health Action International (HAI), Ange Moray, a expliqué que le projet SHARP est implanté dans la sous-région des Grands lacs parce qu’il y a une très grande population d’adolescents jeunes dans ces pays. Aussi parce qu’il existe des politiques qui favorisent l’accès des jeunes au service de SSR, mais ces politiques ne sont pas mis en œuvre sur le terrain. Puis, la majorité de la population des Grands lacs ont des croyances traditionnelles et religieuses qui peuvent influencer leur SSR, a-t-elle poursuivi. Ange Moray a précisé que le projet SHARP travaille sur 4 piliers.
INFLUENCER LES POLITIQUES, LES REGLEMENTATIONS ET LE BUDGET
A ce niveau, Ange Moray a indiqué qu’il faut influencer les politiques, les réglementations et le budget alloué à la santé sexuelle et reproductive des jeunes particulièrement des jeunes filles. Pour cela, a-t-elle ajouté, « Nous travaillons avec les ONG de la Société civile pour renforcer leurs capacités de plaidoyer, influencer les décideurs politiques« .
L’autre pilier concerne les services. Il y a des études en cours pour connaître le niveau de l’offre des services de SSR, a mentionné cette passionnée des questions de SSR des jeunes avant de noter qu’elle travaille avec les autorités pour rendre plus responsables les établissements de santé qui offrent ses services et pour qu’ils acceptent de fournir ces services aux jeunes. Le 3ème et le plus important qui est même le sens de cet atelier, est l’engagement multi-acteurs afin d’iinclure les leaders religieux et traditionnels pour avoir des échanges constructifs sur l’accès des jeunes à la SSR. Puis, impliquer le secteur privé pour améliorer la qualité de l’offre de service de SSR des jeunes. Enfin faire en sorte que les jeunes et les adolescents puissent connaitre leurs besoins, impressions et leurs expériences et leurs obstacles sur la santé sexuelle et reproductive en vue de construire le plaidoyer pour répondre à leurs besoins.
Le dernier pilier est celui d’identifier les champions de la SSR qui vont Influencer les jeunes en leur donnant l’information exacte sur ces questions primordiales, a affirmé Ange Moray.
Plusieurs thématiques ont été abordées par notamment les responsables du Programme national de la santé des adolescents sur l’état des lieux de la SSR en RDC et la présentation de la cartographie des espaces des jeunes offrant la PF dans les zones de santé. Mathy MUSAU