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Franc congolais : les résultats tardent à venir
*Une semaine plus tard, 2 500 FC s’échangent encore contre un dollar, les ménages ont du mal à se procurer les produits de base…
Après près de deux ans de stabilité du taux d’échange, une dépréciation très forte face au dollar américain frappe le pays depuis quelques semaines, entraînant la hausse vertigineuse de prix des denrées alimentaires et autres produits et services.
Il y a moins d’un mois, 1 dollar s’échangeait contre 2030 francs congolais. Aujourd’hui il oscille entre 2400 et 2500 FC. Sur les marchés de Kinshasa, le prix d’un sac de riz est passé de 50.000 à 70.000 francs congolais, une botte de feuille de manioc qui s’achetait à 1.500 francs coûte dorénavant 3.000 francs.
On ne sait plus quoi acheter, des gens qui mangeaient deux fois par jour ne se nourrissent plus qu’une fois…
Le ministre des Finances, Nicolas Kazadi, a annoncé le lundi 17 juillet courant des mesures urgentes prises par le gouvernement afin de stopper la surchauffe sur le marché de change. Il l’a fait lors du briefing hebdomadaire axé sur la stratégie d’inclusion financière et la situation du franc congolais.
Parmi les mesures urgentes prises, l’argentier national a fait savoir que le gouvernement allait veiller à ce que les dépenses en » cash » soient limitées au strict minimum.
Nicolas Kazadi a également déclaré que le gouvernement a décidé de proscrire tous les paiements qui se font au guichet de la Banque centrale du Congo (BCC). Ceci dans l’optique de privilégier la demande en franc congolais et de réduire celle en devise.
Ce n’est pas tout. Autres mesures, le gouvernement s’est engagé à privilégier le paiement en franc congolais (impôts et taxes) par les contribuables pour accroître la demande de la monnaie nationale afin de permettre à la BCC de renforcer le suivi des plans de trésorerie et de surveiller la qualité des dépenses publiques, a indiqué Nicolas Kazadi.
Ces mesures ont été rappelées à la dernière réunion du Conseil des ministres présidée par le Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, qui a chargé personnellement le ministre d’Etat en charge du Bubget, le ministre des Finances, la Gouverneure de la Banque centrale du Congo et l’Inspection générale des Finances, chacun en ce qui le concerne, de veiller à l’application stricte de toutes ces mesures. Le Premier ministre a été instruit de suivre la mise en œuvre desdites mesures.
Mais, malgré cette batterie de mesures prises par le gouvernement pour faire face à la dépréciation du franc congolais, les résultats tardent à venir. Pour inverser la tendance, font valoir nombre d’experts, il faut une autre politique. Celle-ci passe, d’après les mêmes sources, par la diversification de l’économie congolaise, trop dépendante des minerais.
Pour emprunter au langage médical, les remèdes prescrits par le gouvernement sont des calmants, qui marchent pour un temps, après la maladie reprend de plus belle. Donc toutes ces mesures sont du déjà vu.
Tous les experts le savent et le répètent à longueur de journée dans différents séminaires et fora, la monnaie nationale souffre d’un mal non conjoncturel, mais structurel. On ne revigore pas dans la durée une monnaie lorsque la production ne suit pas. A cela s’ajoute la forte dépendance vis-à-vis de l’extérieur pour quasiment tous les biens de consommation courante; ce qui entraîne la forte demande du roi dollar qui a encore des beaux jours devant. Pour espérer sortir de ce cercle finalement vicieux, le Congolais doit produire ce qu’il consomme et non continuer à consommer ce qu’il ne produit pas.
Aux yeux de certains experts, diversifier l’économie en commençant par exemple par l’agriculture serait un début de solution. Cela voudrait dire qu’il faut se mettre résolument au travail et cultiver la version discours voire slogan de l’agriculture comme l’ont si merveilleusement fait ceux qui ont gouverné le Congo jusque-là.
Entretemps la faim étreint le Congolais qui ne sait plus à quel saint se vouer. Ce qu’il faut au pays de Lumumba pour sauver durablement sa monnaie nationale, c’est une cure de cheval. Les mesures prises par le gouvernement ne peuvent apporter qu’un soulagement momentané, mais pas une guérison. Un problème structurel appelle une solution structurelle. Didier KEBONGO