Dernière minute
Société
L'accès au financement des initiatives culturelles portées par les femmes et leur transformation en entreprises viables ont alimenté les discussions de la troisième édition d'Utajiri Event, organisée dernièrement à Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga. Cette rencontre a placé l'…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
Modèle de courage face à l'agression, Mgr Christophe Munzihirwa Mwene Ngabo, ancien archevêque de Bukavu, continue à inspirer nombre de Congolais, trente ans après son assassinat. À l'occasion du…
Étranger
Par Othman Sqalli Houssaini
Universitaire et docteur en relations internationales Auteur de l’ouvrage «Le Maroc en Afrique : Un destin commun et un avenir partagé – Paix, sécurité et…
Nation
La production d'une Déclaration nationale de la jeunesse congolaise sur le climat, assortie de recommandations concrètes avant la tenue de la COP 31 était au centre de la Local Conference of Youth…
FOMIN : Watum lance l'assaut contre l'opacité minière
Un geste rare, un signal fort. En foulant pour la première fois le siège du Fonds Minier pour les Générations Futures (FOMIN), le jeudi 9 avril, le ministre des Mines, Louis Watum, n'a pas seulement effectué une visite protocolaire. Il a posé un acte politique majeur, porteur d'une ambition claire : remettre de l'ordre, de la justice et du sens dans la gouvernance des richesses minières de la République démocratique du Congo.
Cette descente revêt un caractère inédit. Jamais, depuis la création de cet établissement public stratégique, un ministre n'avait effectué le déplacement. Pour Louis Watum, fraîchement nommé à la tête du portefeuille des Mines, il s'agit également d'un baptême institutionnel lourd de symboles.
Accueilli par le conseil d'administration, la direction générale et un personnel mobilisé, le ministre a d'emblée donné le ton : proximité, écoute, mais surtout exigence. Les échanges, à la fois francs et structurants, ont permis de passer en revue les défis d'une institution appelée à jouer un rôle central dans la gestion des revenus miniers au profit des générations futures.
" VISITE HISTORIQUE "
Pour Léon Mubikayi, président du conseil d'administration, cette visite est " historique ". Elle consacre, selon lui, une reconnaissance institutionnelle et un engagement politique en faveur d'une gouvernance rigoureuse et transparente des ressources minières. Le FOMIN, a-t-il rappelé, se veut un levier de développement durable, en phase avec la vision du Chef de l'État, Félix Antoine Tshisekedi, fondée sur la valorisation équitable des richesses nationales.
Mais, au-delà des symboles, c'est le contenu du message ministériel qui a marqué les esprits.
Dans une adresse sans détour, Louis Watum a appelé à une responsabilisation totale des acteurs du secteur. " Chacun est acteur ", a-t-il martelé, insistant sur l'urgence de rompre avec les pratiques opaques et les dérives qui ont longtemps plombé le secteur minier congolais. Bonne gouvernance, transparence, traçabilité : les mots sont connus, mais le ministre entend désormais leur donner un contenu concret.
DONNER UN VISAGE HUMAIN
Plus incisif encore, Louis Watum a pointé du doigt une réalité qui dérange : le paradoxe d'un pays immensément riche en ressources minières, mais dont les populations riveraines vivent dans une précarité persistante. " Nous devons donner un visage humain à ce secteur ", a-t-il lancé, dans une interpellation directe qui sonne comme un avertissement.
Car, pour le ministre, l'enjeu dépasse la simple gestion administrative. Il s'agit d'une transformation en profondeur. Une refondation. Mettre fin aux inégalités criantes autour des sites miniers, renforcer la redistribution des revenus, et surtout, impulser une véritable politique de transformation locale des minerais : autant de chantiers qu'il juge non négociables.
VOLONTE DE RUPTURE
Cette vision, à la fois sociale et économique, traduit une volonté de rupture avec un modèle extractif longtemps accusé de profiter davantage à des intérêts extérieurs qu'au développement national.
La visite s'est achevée sur le chantier du futur siège du FOMIN, en cours de construction. Plus qu'un bâtiment, ce projet incarne une ambition : celle de doter le pays d'institutions solides, modernes et capables de porter une gouvernance minière à la hauteur des enjeux.
Au terme de cette journée, un message s'impose : le temps des discours semble céder la place à celui des actes. Et dans un secteur aussi stratégique que les mines, chaque signal compte.
Celui envoyé par Louis Watum est clair : la richesse du sous-sol congolais ne peut plus être une promesse trahie. Elle doit devenir, enfin, un moteur réel de justice sociale et de prospérité nationale.
DK